Retour

Nuit des sans-abri : le visage multiple de l'itinérance à Québec

C'est le 15e anniversaire de la Nuit des sans-abri à Québec. Plusieurs dizaines de personnes sont réunies à la Place de l'Université-du-Québec à l'occasion de cette activité de sensibilisation. La météo peu clémente est un bon rappel que les personnes en situation d'itinérance ne dorment pas dehors par choix.

Depuis plusieurs années, la plupart des intervenants qui oeuvrent au sein des organismes communautaires constatent que l'itinérance à Québec frappe des personnes de plus en plus diversifiées.

« Ce qui est frappant, c'est qu'il n'y a plus de catégories qui sont épargnées. Il y a des jeunes beaucoup, des personnes âgées, on a du monde de 60 à 75 ans », laisse tombé Martin Payeur, directeur général de la Maison Revivre.

Les activités de sensibilisation comme la Nuit des sans-bri sont particulièrement importantes à ses yeux surtout qu'à Québec, l'itinérance est beaucoup moins visible que dans certaines autres grandes villes.

« À Québec on les voit moins, il fait froid, ils [les itinérants] sont plus mobiles, raconte Martin Payeur, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de gens qui se retrouvent à la rue. »

Magalie Parent, du Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ), ajoute que la sensibilisation est primordiale afin de lutter contre la stigmatisation des personnes en situation d'itinérance.

« Au-delà des réalités individuelles il y a toute la cohabitation sociale qui se passe particulièrement dans les grands centres. On doit être attentif pour que tout le monde ait sa place », fait-elle valoir.

Débordements fréquents

Malgré les nombreux organismes qui viennent en aide aux sans-abri à Québec, la demande est parfois trop grande et les mesures d'urgence sont souvent mises à contribution.

Un nouveau refuge d'urgence de 15 lits, mis sur pied par la Maison Revivre, la RAIIQ, le YWCA et la Maison de Lauberivière a été presque constamment utilisé en septembre et en octobre.

« Toutes les ressources en hébergement d'urgence à Québec, actuellement, sont à pleine capacité. En septembre, il y a un soir où on a dû relocaliser jusqu'à 18 personnes faute de place. À mon sens, c'est une des pointes record qu'on a vu », explique Éric Boulay, le directeur général de Lauberivière.

Plus d'articles