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Numéro de Mike Ward : Jérémy Gabriel affirme avoir vécu un enfer

Jérémy Gabriel a raconté, mercredi, que les propos tenus par l'humoriste Mike Ward à son endroit dans ses spectacles lui ont fait vivre un véritable enfer. Le jeune homme de Québec a même songé au suicide à 15 ans.

Jérémy Gabriel et quelques-uns de ses proches ont livré leur témoignage devant le Tribunal des droits de la personne au palais de justice de Montréal. L'humoriste Mike Ward est poursuivi en diffamation par la Commission des droits de la personne, au nom de la famille de Jérémy Gabriel, pour un montant de 80 000$.

Le jeune homme affirme avoir été victime d'intimidation à l'école à la suite des spectacles et des capsules vidéo de Mike Ward où il faisait allusion à son handicap. Jérémy Gabriel est atteint du syndrome de Treacher Collins qui occasionne notamment une déformation de son visage.

Il s'est fait connaître à 8 ans notamment pour avoir chanté devant le pape et Céline Dion. Tout a basculé pour Jérémy Gabriel au moment où Mike Ward lui a consacré un numéro dans son spectacle Mike Ward s'eXpose en 2010.

Le professeur de chant de Jérémy Gabriel a aussi témoigné de l'impact des commentaires désobligeants à son endroit sur son entourage. Les membres de sa famille ont été plusieurs fois émus en entendant les témoignages chargés d'émotion.

Liberté artistique

Mike Ward a refusé de commenter le dossier. « Je vais parler un coup que le juge va avoir fait son jugement. C'est dans les mains du juge. C'est une journée plate pour tout le monde », s'est-il contenté de dire. L'humoriste témoignera à son tour à la reprise de l'audience en février prochain.

L'avocat de Mike Ward, Me Julius Grey, défendra la liberté artistique de son client. Un enjeu fondamental, selon lui.

« Notre position sera que la satire, la comédie est presque toujours lancinante, dure, c'est la nature de la comédie. La position que nous allons mettre de l'avant est qu'il faut avoir la plus grande liberté artistique », précise-t-il.

Pour l'avocat spécialisé en libertés individuelles, il est clair que son client a son propre style et qu'il n'est pas rare qu'il s'en prenne à toutes sortes de personnalités. Me Julius Grey soutient que seuls les propos à connotation haineuse ou qui relèvent de la vie privée sont répréhensibles.

Propos diffamatoires?

À l'émission Première heure, diffusée à ICI Radio-Canada Première, Me Louis-Philippe Lampron, professeur à l'Université Laval, souligne pour sa part que Mike Ward s'en est pris directement au physique du jeune homme. Selon lui, Jérémy Gabriel n'est pas une « personnalité publique » au même titre qu'un président ou une vedette.

« Non seulement ce n'est pas une personnalité publique qui devrait avoir la peau plus épaisse pour des critiques ou des caricatures, mais à l'inverse, c'est une personne vulnérable et une personne identifiable », dit-il.

« Ce n'est pas le procès de l'humour qui va être fait ici, mais bien le procès d'un aspect très particulier qui concerne une personne en particulier », ajoute Louis-Philippe Lampron.

C'est une amie de Jérémy Gabriel qui a porté plainte à la Commission des droits de la personne au nom de la famille. Une somme de 80 000 $ est réclamée pour des dommages moraux et punitifs.

La cause a été entendue toute la journée, mercredi, au palais de justice de Montréal. La mère de Jérémy Gabriel devrait également témoigner en février.

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