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Offrir un répit aux proches aidants, un séjour au Monastère à la fois

Il y a plus de 1,6 million d'aidants occasionnels au Québec, un nombre qui ne fait qu'augmenter, selon Statistique Canada. Il existe peu de ressources pour ces personnes qui s'occupent d'un proche malade, mais le programme « Proches aidants » du Monastère des Augustines, à Québec, fait son humble part pour aider ceux qui aident.

Un texte d’Annie Hudon-Friceau

Marie-Claude Bérubé est devenue aidante naturelle à l’âge de 44 ans. Depuis plus de trois ans, elle s’occupe de son conjoint, Martin Chamberland, atteint d’un grave cancer.

« Martin a un cancer du rectum de stade 4, métastasé au foie et aux poumons. Il a eu six interventions majeures, 26 traitements de chimio et 25 traitements de radiothérapie. À l’intérieur, je suis morte de trouille, parce que je ne sais pas pour combien de temps il sera encore avec moi », confie-t-elle.

Ce n’est pas facile d’être malade, mais ce n’est pas facile non plus d’être un proche aidant, et ça, les gens ne le voient pas toujours.

« Tu ne vis plus la vie de la même façon, explique Mme Bérubé. Tu n’as plus de temps pour toi. Tout ce que tu fais, au jour le jour, tu le fais pour les autres. Tu en viens à t’oublier totalement en tant que personne. Tu deviens la pierre angulaire de la maison. »

Un répit pour les aidants

C’est au cours d’une visite au Monastère des Augustines, dans le cadre de son travail, que Marie-Claude Bérubé a entendu parler du programme « Proches aidants » de l’établissement.

Fondé par les Augustines en 1639, le monastère a récemment été transformé en un « centre de ressourcement » de 65 chambres, qui mise sur la « santé globale ». Organisme sans but lucratif, le Monastère des Augustines utilise les profits de cet hôtel afin de perpétuer la mission des religieuses qui ont fondé l’établissement par l’entremise de différents programmes à vocation sociale, dont « Proches aidants ».

Marie-Claude Bérubé a été parmi les premières à en bénéficier.

« À un moment donné, tout le sol se dérobe sous nos pieds, et ça devient pesant. Il faut un peu de répit. Quand [Marie-Claude] est rentrée au monastère, ils l’ont prise au bon moment », explique son conjoint, Martin.

L’établissement, qui offre de 50 à 70 séjours par année à des proches aidants, espère que la suite qui leur est dédiée sera occupée 365 jours par année.

Au lieu des 500 $ que leur coûterait normalement un séjour de deux nuits au Monastère, ces aidants ne doivent débourser qu'une somme symbolique de 30 $ par nuitée, incluant trois repas par jour, des séances de méditation, de yoga et de taï-chi, ainsi qu’un accès au Musée des augustines. « Les augustines avaient, à l’époque, plusieurs chambres dédiées aux accompagnateurs de malades », rappelle la directrice générale du Monastère, Isabelle Duchesneau.

« Tout est axé pour te permettre de t’intérioriser, explique Marie-Claude Bérubé. Il y a peu ou pas d’interaction avec les gens, tout se fait en silence. Ça m’a permis de reprendre contact avec moi-même, de me ressourcer. Des programmes comme ça, c’est peut-être la seule récompense que tu peux avoir en tant que proche aidant. C’est un séjour qui vaut cher. Avec tout ce qui arrive, tu ne peux pas te payer ça. Le fait que ce soit offert, c’est une bénédiction, un cadeau qui fait vraiment plaisir. »

La plus belle chambre réservée aux proches aidants

Les proches aidants qui bénéficient du programme séjournent dans la plus belle et la plus grande chambre de l’hôtel.

« La suite est équipée d’un lit grand format, d’une salle de bain privée et d’un petit salon. C’était important pour nous d’offrir de l’espace aux proches aidants afin qu’ils se sentent chouchoutés. On veut leur plus grand bien », explique Isabelle Duchesneau.

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