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Oléoduc Énergie Est : Lévis demande 76 millions pour protéger les cours d'eau

La Ville de Lévis demande à TransCanada, dont le projet d'oléoduc Énergie Est doit emprunter son territoire, d'investir au moins 76 millions de dollars pour l'installation de trois nouvelles prises d'eau en amont de l'oléoduc afin de s'assurer de la protection de l'eau potable.

Lévis, qui a présenté mercredi son mémoire en prévision des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet d'oléoduc Énergie Est, estime que TransCanada n'a pas de plan d'intervention valable actuellement pour assurer l'approvisionnement en eau des citoyens de Lévis, en cas de déversement.

L'installation de ces nouvelles prises d'eau est indispensable, croit le maire Gilles Lehouillier.

« Avec ce qu'on a entendu de TransCanada jusqu'à maintenant, la prise d'eau potable de la rivière Chaudière va être condamnée très rapidement s'il y a un incident et probablement, celle qui est tout près de l'embouchure Chaudière, à Saint-Romuald, ce qui veut donc dire que, potentiellement, on peut aller jusqu'à 75 000, 80 000 personnes qui, du coup, sont privées d'eau potable. »

Le maire rappelle que lors de la tragédie de Lac-Mégantic, en juillet 2013, même si Lévis était loin de la catastrophe, la Ville a dû fermer pendant 75 jours, de façon préventive, la prise d'eau potable de Charny.

L'investissement demandé à TransCanada permettrait de créer trois prises d'eau sur la rivière Chaudière, la rivière Etchemin et dans la zone de l'aquifère.

Un rapport réaliste?

Des groupes écologistes saluent les demandes de Lévis. « C'est un mémoire qui est très complet, qui pose des bonnes questions », soutient le directeur général d'Équiterre, Sidney Ribaux.

L'expert de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, croit pour sa part que ces exigences, bien qu'elles soient réfléchies, ne sont pas réalistes pour TransCanada. « Ça rendrait à toute fin pratique son projet irréalisable et infernal à gérer puisque chaque municipalité irait d'une liste d'épicerie de plus en plus longue » , affirme le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie.

Normand Mousseau, professeur titulaire à l'Université de Montréal, spécialisé dans les questions énergétiques, souligne que la Ville de Lévis a élaboré un rapport qui soulève des points importants. Il admet que TransCanada ne peut répondre à toutes les demandes des municipalités, mais il pense qu'un mémoire comme celui-ci peut avoir des résultats concrets.

Selon M. Mousseau, si d'autres villes soumettent leur rapport à l'Office national de l'énergie, l'organisme fédéral pourrait adopter des réglementations qui répondraient à leurs demandes.

TransCanada « à l'écoute »

De son côté, TransCanada dit être à l'écoute des préoccupations du maire.

« Il y a plusieurs enjeux qui sont soulevés et nous sommes à l'écoute quant aux questions et préoccupations mises de l'avant par le maire. Nous prévoyons en fait l'opportunité d'une rencontre dans les prochaines semaines », dit le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce

D'autres villes ont soumis leur mémoire préparé pour les audiences du BAPE. TransCanada dit vouloir rencontrer les représentants des villes pour discuter des enjeux prioritaires pour eux.

Outre la question de la protection des sources d'eau, Lévis soulève également dans son mémoire celles de la sécurité de la population, de la mise en oeuvre des mesures d'urgence, de la protection de l'environnement et des retombées fiscales.

Le comité de travail de Lévis présentera son mémoire à TransCanada le 13 mai.

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