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Orignaux : Wendake veut gérer la réserve faunique des Laurentides avec Québec

La nation huronne-wendate demande à Québec de devenir cogestionnaire de la chasse dans la totalité de la réserve faunique des Laurentides. Actuellement, le cheptel d'orignaux est géré exclusivement par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

Un reportage de Maxime Corneau

« Pourquoi la réserve dans laquelle on a la majorité de nos activités, on ne pourrait pas être cogestionnaire? », lance d’emblée Louis Lesage, le directeur du bureau territorial de la nation huronne-wendate.

M. Lesage, lui-même biologiste, estime que sa communauté devrait être impliquée davantage dans la gestion des orignaux et que son rôle devrait être décisionnel.

Présentement, les Hurons-Wendats sont consultés lors de comités, mais ne prennent pas de décisions relatives au cheptel. « On parle de la pluie et du beau temps, on ne parle pas des vraies choses! », déplore M. Lesage en décrivant les échanges qu’il tient avec les autorités en place.

« La zone 13, c’est un désert! »

Selon lui, la connaissance huronne du terrain pourrait permettre de mieux distribuer les chasseurs sportifs sur le territoire de la réserve, divisée en zones de chasse, et donc leur offrir un meilleur succès. Il reproche à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) de parfois vendre des forfaits dans des secteurs qui devraient être fermés au public.

Documents à l’appui, M. Lesage explique que sa nation est en pourparler avec le ministère de la Faune depuis 2012 sur l’enjeu de la cogestion, mais le Ministère n’a jamais accueilli favorablement la demande.

Pas de changement dans l'air

Dans une réponse écrite, le porte-parole du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Nicolas Bégin, assure que la nation huronne-wendate est abondamment consultée à travers « la table de concertation de la faune de la Capitale-Nationale », et lors « des mises à jour du plan de gestion de l’orignal ».

M. Bégin rappelle que la nation est aussi responsable des activités de chasse et de pêche du secteur Tourilli, situé dans l’ouest de la réserve faunique des Laurentides, mais que « les décisions de gestion du cheptel d’orignaux reviennent toutefois entièrement au ministère ».

Les chasseurs demandent des chiffres

De son côté, Alain Cossette, le directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, n’est pas opposé à la demande de la Première Nation, mais souhaite toutefois qu’elle se fasse « à l’avantage de tous ».

M. Cossette déplore que Wendake ne déclare plus au ministère le nombre d’orignaux tués par les membres de la communauté. « C’est un gage de mauvaise foi », dit-il.

Il ne partage pas du tout l’avis de la nation huronne-wendate sur la gestion du territoire de la réserve faunique des Laurentides par la Sépaq.

« La Sépaq a amélioré la qualité de son réseau routier, de ses installations, s’est adapté aux clientèles et la quantité de gibier a monté. On ne peut pas dire que ce sont des mauvais gestionnaires », dit M. Cossette.

Questionné sur les données de chasse des Hurons-Wendats, Louis Lesage, le directeur du bureau territorial à Wendake, a confirmé qu’il ne remet plus les données depuis 2014. Il explique qu’il remettra les données lorsque les Innus du Lac-Saint-Jean déclareront publiquement les leurs.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs confirme toutefois que les données des Innus sont remises annuellement aux autorités.

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