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Parler d’Aurore l’enfant martyre, 65 ans après l’avoir incarnée

Plus de 65 ans après avoir joué le rôle d'Aurore l'enfant martyre, Yvonne Laflamme ne voit plus les choses de la même manière. Fillette, elle jouait au cinéma « dans le vrai sens qu'un enfant peut jouer à quelque chose ». Aujourd'hui, elle ressent le besoin de parler de la vraie Aurore Gagnon.

« Ce film-là a une importance sociale qui n’a rien à voir avec l’art », explique Mme Laflamme.

Dimanche après-midi, elle était de passage au Musée national des beaux-arts de Québec à l'occasion d'une projection du film culte, La petite Aurore, l’enfant martyre, sorti en 1952.

La comédienne, qui aura 80 ans l’an prochain, affirme qu’elle a des choses à partager avec le public au sujet de cette enfant battue.

« J'ai revu la scène des mains sur le poêle et ç'a réveillé une certaine conscience de ma responsabilité de donner sa place à Aurore Gagnon », explique-t-elle.

De la fillette à la femme

Quand elle incarnait Aurore, Mme Laflamme avait un peu plus de 10 ans. « J'étais petite, frêle. On m'a choisie probablement à cause de mon corps », dit-elle.

À l’époque, le cinéma n’était qu’un jeu pour elle, malgré la lourdeur du sujet abordé par le film. Ce n’était pas du savon qu’on lui mettait dans la bouche, mais bien du sucre d’érable, raconte-t-elle en riant.

Mais sa perception d’enfant a évolué au fil du temps. « C'est un film qui éveille les consciences à la brutalité qu'on peut faire aux personnes, que ce soit aux enfants ou aux personnes âgées », analyse-t-elle aujourd’hui.

L’importance de préserver les films

Après Aurore, Mme Laflamme a bifurqué vers d’autres formes d’art. Elle a certes joué dans La boîte à surprise, mais elle a aussi touché à la danse, principalement au ballet classique.

Le fait que certains critiques se soient moqués du film de Jean-Yves Bigras n’a pas aidé à ce que Mme Laflamme soit acceptée dans le milieu du théâtre, explique-t-elle aujourd’hui.

N’empêche que La petite Aurore, l’enfant martyre reste son principal fait d’armes dans le milieu cinématographique. D’ailleurs, que le film ait été restauré par Éléphant revêt une grande importance pour elle.

C’est une question de préservation de la culture québécoise, indique la comédienne. « C’est important pour les générations futures de savoir qui on était, qui on est et qui on peut devenir, si on fait un effort », dit-elle.

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