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Patient de 29 ans recherche un médecin de famille désespérément

Paul-André Landry tente d'être suivi par un médecin de famille depuis son déménagement à Québec, à l'automne 2015. Dans son cas cependant, les délais sur la liste d'attente ne cessent de s'allonger. Une situation qui n'est pas unique.

Un texte de Cathy Senay

Le ministre la Santé, Gaétan Barrette, se fait toutefois rassurant. Il affirme que ces délais sont très approximatifs, et rappelle que les médecins de la Capitale-Nationale ont promis de fournir à tous un suivi d'ici la fin de l'année.

En l’espace de 8 mois, un délai supplémentaire de 100 jours d’attente s’est ajouté pour que Paul-André Landry obtienne les services d’un médecin de famille à Québec. « C’est comme si mon jeu de serpents et d’échelles était allongé d’une centaine de jours. Et ce sont toutes les personnes qui ont le même état de santé que moi qui doivent attendre 100 jours de plus », déplore-t-il.

En avril 2016, le ministère de la Santé a pourtant mis en place le guichet unique d’accès à un médecin de famille en centralisant les listes d’attente créées dans chaque région depuis 2008.

Le but de cette centralisation était d’accélérer l’attribution des médecins aux patients orphelins. Une entente est également intervenue entre le gouvernement Couillard et la Fédération des médecins omnipraticiens pour que 85 % des Québécois aient accès à un médecin de famille d'ici le 31 décembre 2017.

Un an après s’être inscrit sur la liste, Paul-André Landry a reçu un avis de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), en octobre 2016, lui disant que le délai d’attente normal pour des patients dans sa condition médicale était estimé à 272 jours à partir du moment de son inscription sur la liste. Un délai déjà dépassé.

Le 5 juin dernier, un agent de la RAMQ l’a informé que son nouveau délai d’attente était de 372 jours. « 100 jours de plus, mais moi j’approche les 2 ans et j’ai toujours rien. »

Or, le ministre de la Santé Gaétan Barrette affirme qu’il faut prendre ce délai avec un grain de sel puisque les projections ne sont pas exactes.

Il précise également que bien que la priorité sur la liste soit accordée à une clientèle plus âgée et vulnérable par rapport aux gens en bonne santé, ce classement est « basé sur des données très sommaires. »

Même s’il n’a que 29 ans, Paul-André Landry a des antécédents familiaux qui l’obligent à faire un suivi de son état de santé.

15 000 patients inscrits depuis avril

Le ministre Barrette lui fait cette promesse : « Lui, ce patient-là, il l’aura son médecin de famille. » M. Barrette s'appuie sur le fait que les médecins de la Capitale-Nationale se sont engagés à “vider” le guichet d’accès à un médecin de famille d’ici la fin de l’année.

Pour ce faire, ils prendront en charge chacun 88 patients orphelins. « Les gens qui sont inscrits dans le guichet vont avoir un médecin de famille si les médecins arrivent à destination, et je n’ai pas de raison de penser que les médecins n’arriveront pas à destination » dit-il.

Dans ce contexte, les estimations des délais « ne valent » rien pour le ministre Barrette.

Selon les dernières données du CIUSSS de la Capitale-Nationale, 80 % de la population, soit 564 000 personnes, a maintenant un médecin de famille. Du chemin reste donc à parcourir avant que les médecins respectent leur promesse d’ici le 31 décembre prochain.

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