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Paul Shoiry « blessé » par les accusations de son ex-chef de cabinet

Le chef de Démocratie Québec se dit « profondément blessé » par les propos tenus par son ex-chef de cabinet, Guy Beaudet, qui l'accuse de ne pas avoir renouvelé son contrat parce qu'il luttait contre un cancer. Paul Shoiry estime que les affirmations de son ex-bras droit sont « injustifiées et fausses ».

Dans une entrevue au Journal de Québec, Guy Beaudet l'accuse de lui avoir « donné une jambette au moment où [il était] affaibli ».

« J'ai toujours essayé à travers mon travail et mes responsabilités de supporter et soutenir les gens et puis j'ai fait la même chose avec Guy. C'est une atteinte directe à ma réputation », s'est défendu Paul Shoiry, souvent ému.

Le chef de l'opposition a même évoqué publiquement pour la première fois la longue bataille de son épouse contre le cancer pour prouver qu'il était un « homme de compassion », qui connaît la maladie.

Guy Beaudet a reçu un diagnostic de cancer en septembre dernier, quelques semaines à peine après son embauche au cabinet de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec. Paul Shoiry assure lui avoir apporté du soutien. Il lui a aussi recommandé de s'absenter le temps de suivre ses traitements.

Plus tard, Paul Shoiry a décidé de ne pas renouveler le contrat de M. Beaudet, qui se terminait à la fin décembre. Conséquence pour l'ex-employé : il ne bénéficie plus de l'assurance maladie qu'il recevait dans le cadre de ses fonctions, soit 70 % de son salaire de 90 000 $.

Des « divergences » importantes

Le chef de Démocratie Québec impute sa décision à « des divergences importantes » et non à la maladie. « C'était pour moi difficile de considérer son retour. Ça, il ne le mentionne pas. On a eu des discussions là-dessus », soulève Paul Shoiry, qui s'est dit à plusieurs reprises limité dans ses commentaires en raison de la confidentialité du dossier.

Au-delà de la compassion pour la situation de M. Beaudet, le chef de l'opposition plaide la responsabilité du budget qu'il a à gérer.

« Je gère des fonds publics, je ne peux pas prendre 25 % de mon budget, puis le verser à quelqu'un qui est en situation difficile. Autant je peux être sensible et avoir de la compassion pour ce qu'il vit, d'autre part, il faut que je pense aussi à mon équipe, à la mission que l'on a et à ce que la population attend de moi. »

Depuis son départ, le travail de Guy Beaudet est partagé entre deux autres membres de l'équipe « qui ne font pas son salaire ».

Guy Beaudet s'explique

En entrevue à Radio-Canada, Guy Beaudet a nuancé ses propos, mais condamne néanmoins la décision de M. Shoiry. « Dans un état où tu as un cancer, c'est une deuxième claque qu'on ramasse. Je me retrouve sans revenu, plus d'assurance maladie. C'est mettre à la porte une personne, un employé qui est apprécié par les autres, de façon cavalière. Moi, je n'aurais pas fait ça », soutient-il.

Il reconnaît certains « éléments de divergence » avec M. Shoiry, « quelqu'un qui n'est pas capable de travailler avec un chef de cabinet ».

Guy Beaudet n'entend pas partir « en guerre » contre le chef de Démocratie Québec. « La page est tournée, j'ai dit ce que j'avais à dire ».

M. Beaudet avait été choisi l'été dernier au terme d'un long processus à la suite du décès de Michel Guimond.

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