Retour

Pénurie de main-d’œuvre dans les services de garde

Les garderies privées et les centres de la petite enfance (CPE) ont de plus en plus de difficulté à recruter des éducatrices à l'enfance. Certains établissements doivent même se résoudre à embaucher du personnel moins qualifié.

La pénurie est particulièrement criante dans la grande région de Québec, où les 280 éducatrices de remplacement ne suffisent pas pour répondre à la demande.

Selon des données du Regroupement des CPE des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches obtenues par Radio-Canada, 38 % des demandes de remplacement effectuées au mois de mars ont dû être refusées (879 demandes sur 2325). En février, le taux de refus s’est élevé à 41 % (921 demandes sur 2253).

« Ça devient vraiment un casse-tête de remplacer nos éducatrices et d'en engager des nouvelles », confie la directrice générale du Regroupement, Élise Paradis.

Respecter les ratios

Les établissements doivent faire preuve d'ingéniosité pour respecter les ratios du gouvernement. Au CPE Les fourmis ensablées, à Québec, la directrice est parfois obligée de prêter main-forte à ses éducatrices quand une absence n’est pas comblée. Marie-Anne Guillemette craint que le problème s’aggrave au cours des prochaines années.

« C'est inquiétant parce que moi, ici, j'ai une équipe qui est quand même vieillissante. Éventuellement, je vais avoir des départs à la retraite, puis en arrière on voit qu'il y a peu de personnel formé qui va sortir », explique-t-elle.

La pénurie ne touche pas que les CPE. À la Garderie le Soleil, un établissement privé de Québec, le recrutement du personnel est un défi de tous les instants.

« Des fois, je peux embaucher quelqu'un et j'attends la dame à 8 h 30 et elle ne se présente pas. Des fois, elle appelle et dit : "J'ai trouvé un emploi ailleurs." », raconte la propriétaire, Widad Berkchi.

Manque de valorisation?

L’opposition officielle à l’Assemblée nationale accuse le gouvernement Couillard d’être en partie responsable de la situation.

« Il tolère les services de garde non régis qui n'ont pas du tout les mêmes exigences de formation, alors bien sûr le gouvernement n'envoie pas le signal comme quoi cette profession-là, elle est importante et doit être valorisée », dénonce la porte-parole du Parti québécois en matière de famille, Véronique Hivon.

Le gouvernement se défend de rester les bras croisés devant la pénurie de main-d’œuvre dans les services de garde. Il mentionne que plusieurs actions ont été prises au cours des dernières années pour répondre aux défis posés par le recrutement.

Plan d’action

Le cabinet du ministre de la Famille, Luc Fortin, rappelle qu’un cadre de référence a été réalisé à l’hiver 2015 « afin de cibler plus clairement les zones qui doivent être explorées pour permettre de déceler les principales problématiques existantes […] ainsi que leurs causes, en plus d’identifier les pistes de solution pour répondre à ces enjeux ».

Ce cadre de référence et la finalisation d’un état de la situation, en avril 2017, devraient permettre d’élaborer un plan d’action en matière de planification de la main-d’œuvre.

Avec les informations de Nicolas Vigneault

Plus d'articles

Vidéo du jour


Secrets d'une fashionista pour toujours être stylée





Rabais de la semaine