Retour

Piétons délinquants ou « mauvais aménagements »?

L'organisme Piétons Québec vient de voir le jour pour défendre les intérêts des marcheurs de la province. Alors que plusieurs automobilistes critiquent les comportements des piétons, l'organisation nationale estime que les marcheurs ne sont pas délinquants, mais doivent composer avec le fait que certaines villes sont mal conçues.

Un texte de Maxime Corneau

Pour la co-porte-parole l'organisation, Jeanne Robin, les automobilistes font fausse route lorsqu'ils critiquent un piéton qui traverse la rue sans attendre un feu de circulation réservé, ou qui n'utilise pas le passage piétonnier.

Selon elle, « un aménagement qui n'est pas respecté, c'est probablement un aménagement qui est mal fait. » Elle cite en exemple des feux de circulation qui peuvent prendre plusieurs minutes avant de donner le passage aux marcheurs, ou encore des rues dépourvues de passage piétonnier.

« Lorsqu'il y a une traverse aux deux ou trois coins de rue, c'est 200 ou 300 mètres. C'est sûr qu'un piéton qui doit aller l'autre côté de la rue, il ne fera pas un détour de 500 mètres », explique-t-elle.

L'organisme, qui comprend une centaine de membres actifs, souhaite que les villes du Québec consultent davantage les piétons lors du développement des schémas d'urbanisme. Les responsables promettent aussi de se faire entendre lors des futures révisions du Code de la sécurité routière.

« Quand on prend une photo d'une ville pour indiquer que c'est une ville, c'est toujours une rue avec des piétons. Les piétons sont d'excellents ambassadeurs », lance-t-elle.

Une étude pour connaître les piétons

Un groupe d'étudiants à la maîtrise en aménagement du territoire à l'Université Laval s'est aussi donné pour mission de mieux connaître les comportements des piétons à Québec.

En plus d'instaurer une surveillance vidéo de plusieurs intersections, ils ont questionné 1500 personnes pour connaître leurs habitudes de circulation. Les chercheurs tentent d'évaluer comment les comportements des piétons sont influencés par leur sécurité, leur confort et par l'accessibilité aux infrastructures piétonnières.

Bien que les données soient toujours en analyse, Jean-François Gervais, l'un des étudiants, explique qu'un constat commence à émerger : les piétons au centre-ville sont plus prudents que ceux dans les quartiers périphériques

« Lorsqu'il y a un débit de voitures qui est moins important, le piéton peut avoir tendance à traverser en dehors de la phase exclusive », souligne-t-il, rappelant que les résultats sont préliminaires.

L'équipe de quatre étudiants procède par ailleurs à une nouvelle vague de questionnaires sur Internet. Ils cherchent entre autres à déterminer si le froid peut influencer les comportements.

La Ville défend son bilan

Sans vouloir commenter ce dossier en détail, la Ville de Québec estime faire bonne figure en termes de circulation piétonnière. Le porte-parole David O'Brien rappelle que Québec est l'une des seules villes en Amérique du Nord à avoir intégré des phases réservées exclusivement aux piétons.

Jeanne Robin de Piétons Québec réplique que ces feux font partie du problème parce que certains conducteurs « brûlent » les feux rouges pour ne pas attendre la durée de la phase piétonnière.



Plus d'articles

Commentaires