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Plaidoiries finales dans la cause opposant Jérémy Gabriel à Mike Ward

Les avocats des parties ont présenté leurs plaidoiries finales, vendredi au palais de justice de Montréal, dans la cause qui oppose l'humoriste Mike Ward à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse concernant Jérémy Gabriel.

L'avocate de la Commission, Marie Dominique, a soutenu que les propos de Mike Ward à l'endroit de Jérémy Gabriel ont gravement porté atteinte à la dignité de ce dernier. Selon Me Dominique, ce qu'a dit Mike Ward au sujet de Jérémy Gabriel était dégradant. En revanche, Julius Grey, qui représente Mike Ward, défend la liberté d'expression de son client en tant qu'artiste qui transgresse les tabous.

Mercredi, la mère de celui qui a été surnommé « le petit Jérémy » avait témoigné devant le tribunal. Elle avait affirmé que Mike Ward, avec ses propos portant notamment sur l'aspect physique de son fils, avaient eu un impact « dévastateur » sur celui qui n'était alors qu'un enfant. Sylvie Gabriel a aussi vigoureusement dénoncé le fait que Mike Ward ait associé son fils aux prêtres pédophiles.

Le numéro que présentait l'artiste et dans lequel il était question du petit Jérémy date de 2010. C'est une amie de la famille Gabriel qui a porté plainte devant la Commission des droits de la personne. Une somme de 80 000 $ est réclamée à Mike Ward pour des dommages moraux et punitifs.

De l'humour qui alimente les stéréotypes?

Dans le cadre des plaidoiries finales, vendredi, l'avocate de la Commission a dénoncé le fait que Mike Ward ait parlé de la maladie dont est atteint Jérémy Gabriel en disant que ce dernier était « juste lette » et en s'étonnant qu'il ne soit pas déjà mort. En réalité, Jérémy Gabriel souffre du syndrome de Treacher Collins, qui occasionne notamment une déformation de son visage.

Me Dominique soutient qu'avec ses dires, Mike Ward alimente les stéréotypes selon lesquels les personnes handicapées seraient mieux mortes et qu'elles n'ont pas le droit de participer à la vie culturelle.

Transgresser les tabous

De son côté, Me Julius Grey a soutenu qu'il était louable socialement de transgresser les tabous. Me Grey a fait référence au fait que le petit Jérémy avait chanté sur scène et il a affirmé qu'en pareilles circonstances, quiconque pouvait s'exposer à la critique, même en étant handicapé et même en étant un enfant.

Selon Me Grey, la comédie est une soupape de sécurité dans notre société, un peu comme les bouffons du roi à une certaine époque. C'est la profession de comédien qui est en jeu ici, a dit en substance Julius Grey en terminant sa plaidoirie.

Ayant témoigné pour sa défense dans ce procès, l'humoriste a fait valoir qu'il faisait de l'humour noir et que son numéro dépeignant le petit Jérémy ne constituait pas de l'intimidation, mais bien du spectacle. « Je suis toujours sur la ligne entre l'acceptable et l'inacceptable et, parfois, je dépasse la ligne », a-t-il dit en substance devant la cour.

En contrepartie, la personne au centre de cette cause, Jérémy Gabriel, affirme que la prestation de l'humoriste lui a fait vivre l'enfer et l'a même poussé à songer au suicide, à l'âge de 15 ans.

Jérémy Gabriel s'était fait connaître à huit ans entre autres pour avoir chanté devant le pape et Céline Dion.

Avec les informations de Marc Verreault

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