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Policier de Québec congédié : son syndicat a fait son travail 

Le syndicat des policiers de Québec a eu raison de ne pas défendre un agent congédié par la Ville, tranche le Tribunal administratif du Québec. Le Tribunal rejette ainsi la plainte d'Alexis Lacasse qui soutenait que la Fraternité des policiers avait manqué en son devoir de représentation en ne contestant pas son congédiement.

Un texte de Yannick Bergeron

Policier temporaire employé par la Ville depuis 3 ans, l'agent Lacasse a été convoqué devant un comité de discipline à la suite de deux événements survenus dans des bars en août et septembre 2014. Il n'était pas en service lors de ces incidents.

Lors du dernier événement, il aurait lancé une bouteille vide qui s'est fracassée. Il n'y a pas eu d'accusations criminelles. Il a cependant dû s'expliquer devant la Ville le 16 décembre 2014, lors d'une audience durant laquelle la Fraternité l'a défendu.

L'agent Lacasse déclare alors qu'« on ne le reverra pas devant un comité de discipline d'ici les 25 prochaines années ».

Moins d'une semaine plus tard, aux petites heures du matin, il perd le contrôle de sa voiture personnelle sur une autoroute de Québec et abandonne son véhicule endommagé dans un stationnement adjacent.

La Sûreté du Québec le fait alors remorquer en raison d'une plainte du ministère des Transports (MTQ). Les caméras du MTQ ont capté la violente embardée et certaines de ses installations ont subi des dommages.

La direction du service de police va apprendre par la Sûreté du Québec que l'un de ses agents est sous enquête, puisque le policier n'a pas avisé son employeur de la situation.

Encore une fois, même s'il n'y a pas d'accusations criminelles, le policier Lacasse est convoqué devant un comité de discipline au cours duquel la Fraternité intervient en sa faveur.

Au terme des deux audiences disciplinaires, la Ville de Québec congédie Alexis Lacasse. On lui reproche de ne pas avoir fait preuve de dignité, d'avoir eu un comportement de nature à faire perdre la confiance ou la considération du service de police et d'avoir manqué de respect et de politesse à l'égard des clients du bar.

Après analyse du dossier, la Fraternité décide de ne pas porter la décision en arbitrage, jugeant que les chances de remporter le grief sont nulles.

« La Fraternité affirme avoir fait tout en son possible pour aider le plaignant, mais qu'il est cependant l'artisan de son propre malheur », peut-on lire dans la décision de la commissaire, Lyne Thériault.

La commissaire se rend donc aux arguments de la Fraternité. Elle estime que ses représentants ont défendu adéquatement le travailleur et que le syndicat avait tout à fait le droit de ne pas contester le congédiement du policier.

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