Bertrand Labrie célèbre sa 50e année de service à titre de pompier volontaire pour la ville d'Armagh dans Bellechasse. À 76 ans, il se dit toujours prêt à enfiler son habit de pompier, le jour comme la nuit.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Avec une 4e année en poche, Bertrand Labrie a multiplié les métiers au cours de sa vie : ouvrier de chantier, boulanger, mécanicien. Malgré ses multiples carrières, il est resté engagé envers les citoyens de son village natal en tant que pompier volontaire. « Il ne me renvoyait pas, donc je restais pompier », blague-t-il.

Bien qu'il n'ait pas perdu de son humour, il admet ne plus avoir sa force d'autrefois. « J'opère le camion, mais je ne monte plus dans les échelles. À l'âge que j'ai là, tu n'as plus les jambes. Je peux toujours tenir un boyau », explique-t-il­.

Un demi-siècle de changements

Bertrand Labrie se rappelle de sa première journée de travail, en 1966. À l'époque, une sirène s'activait dans le village pour alerter les pompiers. « Les gens étaient toujours dans nos jambes. Ils étaient tous dans le chemin pour voir ce qu'on faisait. [Aujourd'hui,] avec des téléavertisseurs, on a la paix », lance-t-il.

Si les technologies de communication ont amélioré la vitesse d'intervention, c'est son nouveau camion qui le rend heureux. « Le vieux camion de 1965 n'avait pas de direction assistée. C'était dur à manoeuvrer. Celui-là, c'est une Cadillac », affirme M. Labrie.

Bertrand Labrie se compte chanceux : en 50 ans, il n'a jamais été blessé sérieusement. Aucun incendie sur lequel il est intervenu n'a fait de victime.

Le septuagénaire minimise les risques qu'il a courus au fil des ans, mais ses proches se souviennent de plusieurs interventions corsées.« Maintenant, on sait qu'il reste près du camion. Ça nous rassure un peu, mais c'est sûr que quand c'est la nuit et qu'il fait froid, on y pense. Il ne rajeunit pas », affirme sa fille, Karine Labrie.

Sa conjointe a dû apprendre à vivre avec cette réalité. Parfois, Bertrand Labrie quitte la maison en pleine nuit, sans avertir. « Les premiers temps, le cœur faisait deux tours. [Maintenant], je me lève, je lis le téléavertisseur le temps qu'il s'habille », affirme Pierrette Lemelin.

Hommage pour services distingués

Une médaille et un certificat de mérite signé par le gouverneur général du Canada lui ont été remis pour souligner ses 50 années de services. 

Bertrand Labrie admet toutefois qu'il commence à penser à se retirer. « Mon temps est fait. [Je vais partir] quand ils seront prêts à me sacrer dehors », affirme-t-il.

D'ici là, son dévouement motive déjà son petit-fils à prendre la relève.

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