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Pourquoi Radio-Canada réclame l'accès aux vidéos de la mosquée de Québec

Radio-Canada s'est joint à d'autres médias pour demander à la cour que les vidéos déposées en preuve par la couronne dans les délibérations pour sentence d'Alexandre Bissonnette dans la tuerie de la mosquée de Québec soient rendues disponibles.

Le Mot de l'Info de Michel Cormier

Cette position indispose plusieurs personnes, dont les familles des victimes, qui se sont opposées à ce que les vidéos prises par les caméras de surveillance lors de ce drame soient diffusées publiquement.

Nous comprenons ce point de vue, qui est partagé par le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ainsi que par des experts psychiatres qui craignent que ces images se retrouvent sur internet et inspirent d'autres terroristes potentiels.

Notre intention, en réclamant l'accès à ces vidéos, n'est pas d'en faire un usage irresponsable ou sensationnaliste. Nos règles d'éthique à Radio-Canada nous interdisent de diffuser des images de mort violente ou trop crues. Ce sont des règles que nous respectons dans notre couverture d'attentats ou d'accidents, ici comme à l'étranger. Nous avons l'intention de faire preuve du même respect dans le cas des images de la mosquée.

Si, comme nos autres médias partenaires dans cette requête, nous demandons l'accès à ce matériel, c'est qu'il s'agit de preuves déposées par la Couronne dans son argumentation sur sentence et que tout matériel déposé comme preuve devant un tribunal à notre avis est d'intérêt public. Il y va d'un principe qui sous-tend notre système de justice, c'est-à-dire que le public a le droit de savoir sur la base de quels faits une personne a été condamnée.

C'est un principe que nous invoquons régulièrement devant les tribunaux. Adopter une position contraire dans le cas de la tragédie de la mosquée de Québec, à nos yeux, équivaudrait à un manque de cohérence.

Cela étant, nous convenons que l'utilisation de ces images exige la plus grande circonspection et la plus grande délicatesse. Nous sommes sensibles aux objections soulevées par les familles et les autres parties intéressées. Je tiens à vous assurer, notre public, que nous respectons la cour et avons l'intention d'agir de façon responsable.

Michel Cormier, directeur général de l’information

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