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Préposés en CHSLD : la CAQ demande la fin des formations accélérées

La Coalition avenir Québec (CAQ) réclame la fin des formations accélérées de cinq semaines pour les préposés aux bénéficiaires en centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). La création d'un programme continu travail-études assurerait une formation de qualité.

En avril, le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a d’abord annoncé que de nombreux futurs préposés seront formés intensivement pour assurer les remplacements de vacances d’été et les départs à la retraite. Le CIUSSS de la Côte-Nord et le CIUSSS de la Gaspésie ont depuis emboîté le pas. D'autres régions du Québec, dont l'Abitibi songeraient à faire de même.

Ces annonces successives inquiètent la CAQ et des intervenants de la santé. Ils font front commun afin que ces formations accélérées pour un emploi aussi important cessent.

« Donnons une formation adéquate à ceux qui sont les piliers dans notre système de la santé », a dénoncé le député de Lévis, François Paradis, lors d'un point de presse jeudi matin.

En temps normal, une formation de 25 semaines, soit 750 heures, est nécessaire pour pouvoir exercer le travail de préposé aux bénéficiaires.

Tant le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, que les gestionnaires des CHSLD, tentent de se faire rassurants devant cette mesure « temporaire ».

Ils assurent que les futurs préposés ne seront pas laissés à eux-mêmes et n’auront pas à exécuter des tâches qui excèdent leurs compétences, ont-ils répété au cours des dernières semaines.

François Paradis émet toutefois des réserves. Il propose plutôt que les établissements qui mettent en place les formations accélérées obligent les candidats à poursuivre leurs études une fois au travail dans les CHSLD pour obtenir leur diplôme.

Le président et directeur-général de la Fédération professionnelle des préposés aux bénéficiaires du Québec, Michel Lemelin, accuse le ministre de la Santé de manquer de vision à l'heure où la population du Québec est vieillissante.

« Est-ce vraiment dans l’intérêt du patient de proposer une formation accélérée de 4 à 5 semaines au lieu d’une formation de 750 heures initialement reconnue? Posez la question, c’est y répondre, critique-t-il. Le ministre de la Santé doit avoir une vision d'avenir ».

Donald Tremblay, président de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic, juge que les préposés aux bénéficiaires jouent un rôle trop important dans le réseau de la santé pour être mal formés.

« Il y a un rapport, une relation entre la personne qui donne des soins intimes et la personne qui les reçoit, dit-il. C’est fondamental que la formation soit complète ».

Les intervenants pensent notamment qu'une meilleure valorisation de la profession attirerait sans doute davantage de jeunes à exercer cet emploi.

Avec les informations d'Olivier Lemieux

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