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Président, académicien, écrivain : Éric-Emmanuel Schmitt en trois temps

Éric-Emmanuel Schmitt nous avait rendu visite en 2011 dans le cadre du Salon international du livre de Québec. Il est de retour cette année à titre de président d'honneur de l'événement, qu'il considère comme une véritable fête.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

« Mon rôle de président est d'aimer tout le monde, tous les écrivains pendant une semaine », avance en riant le célèbre écrivain à quelques heures du début officiel du Salon international du livre de Québec.

Rencontré dans sa suite qui domine la ville, l'homme de lettres affirme que « cette présidence est une surprise, mais aussi un accomplissement, puisqu'au fil des années, une relation très forte s'est établie entre le Québec et [lui] ».

« C'est d'ailleurs un des bonheurs de ma vie », ajoute celui qui dit aimer particulièrement les lecteurs québécois.

Très occupé, l'auteur français affirme, paradoxalement, être arrivé à un moment de sa vie où il poursuit son chemin, son oeuvre, en prenant, dit-il, le temps de s'arrêter, ce qu'il ne faisait pas avant.

Membre du jury Goncourt

Son entrée à l'académie Goncourt a toutefois changé quelque peu la donne, convient-il. Depuis 2016, Éric-Emmanuel Schmitt figure parmi les 10 jurés du prestigieux prix Goncourt. « Cette nomination entraîne certains devoirs », concède le nouveau membre de l'académie.  

« Il faut lire ses contemporains avec avidité et les défendre avec passion ou les attaquer avec passion. Mais il faut surtout les défendre, car notre rôle est de les mettre en lumière », résume-t-il.

L'auteur s'y exerce avec passion, soutenant qu'il est « désormais très lucide » par rapport à ce qu'il fait. Si bien que la découverte des autres écritures l’enthousiasme et lui permet de prendre conscience de sa propre singularité.

Madame Pylinska et le secret de Chopin

Au coeur de toutes ses occupations demeure sa vocation première, l'écriture. Fraîchement sorti de chez l'imprimeur, le dernier livre d'Éric-Emmanuel Schmitt est largement autobiographique.

« J'ai été ce jeune homme volontaire, en pleine obsession de maîtrise. Je voulais tout maîtriser, ma vie intellectuelle, mes relations. Conclusion : j'étais un peu fermé », ajoute-t-il, sourire en coin.

Dans ce récit initiatique, on retrouve un jeune Éric, tout juste la vingtaine, qui étudie le piano avec une vieille Polonaise afin de réussir à interpréter convenablement Chopin. La vieille dame lui enseignera beaucoup plus que le piano.

Madame Pylinka et le secret de Chopin contient plusieurs thèmes chers à l'écrivain, dont l'amour, la musique et la spiritualité. L'écriture y est sensuelle, à l'image de cette éducation amoureuse qu'on découvre au fil des pages.

Le Salon international du livre de Québec se déroule du 11 au 15 avril au Centre des congrès.

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