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Prisonnier de guerre au Vietnam il y a 50 ans

Être confiné dans une cellule exigüe, échapper à la mort, vivre la solitude totale, les souvenirs de Marc Cayer, un homme de la région de Québec, sont encore bien présents 50 ans après les événements qui ont marqué sa vie. Prisonnier durant la guerre du Vietnam, Marc Cayer aura passé 5 ans coupé du monde extérieur.

Âgé aujourd'hui de 74 ans, Marc Cayer continue de raconter son histoire lors de conférences pour parler de résilience.

« J’ai été au mauvais moment, au mauvais endroit », dit simplement M. Cayer qui a été fait prisonnier en février 1968 par le Front national de libération du sud Viêt Nam.

Jeune agronome alors âgé de 24 ans, il a été capturé en même temps qu'un collègue américain alors qu’il travaillait comme coopérant dans le pays en guerre.

Il a craint pour sa vie à certains moments, particulièrement lors de sa capture. « J'ai été fait prisonnier le 3 février 68. [..] Évidemment, on lève les mains, on se rend à l'ennemi et là, les mitraillettes devant toi, tu te demandes : est ce qu'ils vont tirer ou pas? », raconte-t-il.

Marc Cayer a été détenu dans quatre prisons aux environs d’Hanoï, et blessé à un pied lors d'un bombardement.

Malgré tout, M. Cayer s'est accroché à l'espoir.

« J’avais peur, mais j’espérais, j’ai toujours gardé espoir. Au début, ils me capturent et ils m’attachent alors je me suis dit : ils n’ont pas tiré, ils m’attachent c’est déjà un bon signe. »

Souffrance psychologique

En tant que prisonnier civil, Marc Cayer relate ne pas avoir subi de sévices physiques. Le Québécois sera toutefois soumis régulièrement à des interrogatoires de ses geôliers.

La souffrance psychologique sera vive, notamment lors de la première année alors que le jeune prisonnier vivra en isolement complet dans une cellule.

« Durant 5 ans, on n’a jamais écrit chez soi, jamais eu de nouvelles du monde extérieur, ça c’est dur, jamais reçu un paquet. [...] Les Américains sont allés sur la lune en 1969, je ne savais pas moi, je ne l’ai pas su », illustre-t-il.

C’est avec en tête le leitmotiv : « Un jour, je vais m’en sortir », qu’il a réussi à surmonter l’épreuve. Rêver, s’intéresser aux insectes et aux petits êtres vivants qui s’invitaient dans la cellule, lui ont permis de passer le temps.

« Dans ma deuxième cellule, avec une fenêtre, je pouvais voir à l’extérieur et une souris venait sous la porte tous les soirs. »

À la fin de la guerre, Marc Cayer sera libéré avec ses camarades, le 28 janvier 1973. Il recevra alors le premier colis de ses parents dont il était sans nouvelles depuis son emprisonnement.

« Il y avait un petit mot à l'intérieur, une petite lettre, c'était signé papa et maman. Ils savaient que leur fils était vivant », relate-t-il avec émotion.

Résident à Saint-Georges en Beauce depuis sa libération, Marc Cayer est retourné en 1988 au Vietnam, un pays pour lequel il n'a aucune animosité. Lors de ce voyage, il a revu la dernière prison où il a été détenu. Toujours animé par l'esprit humanitaire, Marc Cayer poursuit son engagement pour la paix à travers ses conférences.

Un texte de Véronica Lê-Huu

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