Retour

Prix du logement : les Canadiens de plus en plus nombreux à louer plutôt qu'acheter

Le prix des loyers dépasse désormais les revenus de près de la moitié des ménages au Canada, selon l'Indice du logement locatif publié mardi matin. Celui-ci se fie au dernier recensement de Statistique Canada et souligne également une « situation de crise » pour un nombre croissant de familles, pour lesquelles l'accès à la propriété est devenu chimérique.

Près de la moitié des ménages locataires canadiens consacrent en effet plus de 30 % de leurs revenus à leur logement, tandis que près d'un ménage sur cinq y consacre plus de 50 %.

Entre 2011 et 2016, près de 753 000 nouveaux ménages ont été formés. Parmi ces derniers, environ 396 000 louent leur demeure, selon les données de l'Indice canadien du logement locatif de 2018.

Durant la même période, le pourcentage de propriétaires est ainsi passé de 68,9 % à 67,8 %. Cela constitue la première baisse du nombre de propriétaires depuis 1971.

« L'escalade des prix empêche de nombreux Canadiens d'accéder à la propriété, ce qui entraîne cette augmentation du nombre de personnes sur le marché locatif », considère Jeff Morrison, directeur général de l'Association canadienne d'habitation et de renouvellement.

Cet indice 2018 fournit une base de données sur les statistiques des logements locatifs publiées par un partenariat national constitué d'associations de locataires, de coopératives de crédit et d'associations municipales.

Cet indice est conçu pour que les gouvernements, les planificateurs locaux, les organismes qui se penchent sur la question du logement et le public puissent avoir une idée plus précise du marché du logement locatif dans les différentes régions du pays.

Risques d'itinérance

Selon cet indice, un nombre croissant de familles et d'individus sont en situation de crise et risquent de devenir sans-abri.

Le chef intérimaire de la BC Non Profit Housing Association, Jill Atkey, explique que dépenser plus de 30 % de son revenu pour le logement est devenu une nouvelle norme pour les particuliers, mais aussi pour les familles dans presque toutes les régions du pays. « Alors que traditionnellement, c'était de dépenser 30 % ou moins du revenu du ménage pour le loyer qui était considéré comme étant une norme abordable », précise-t-il.

Selon les données, ils seraient plutôt 1,7 million de ménages locataires à dépenser plus de 30 % de leur revenu brut pour le loyer et les services. Parmi ceux-ci, 795 000 ménages locataires consacrent plus de la moitié de leurs revenus à payer leur logement.

« Si tous les ménages locataires qui consacrent plus de la moitié de leur revenu au logement vivaient au même endroit, cela équivaudrait à la quatrième plus grande ville du Canada », souligne pour sa part Kira Gerwing, gestionnaire des investissements communautaires à la coopérative de crédit Vancity.

Des logements de moins en moins abordables en régions rurales

Le partenariat national se dit aussi préoccupé par le fait que les problèmes liés aux logements abordables se répandent dans les banlieues et les régions rurales. Auparavant, la tendance se voyait davantage dans les grands centres urbains, laissant un peu de répit aux résidents des banlieues avoisinantes, selon Marlene Coffey, directrice générale de l'Ontario Profit Housing Association.

« L'indice canadien du logement locatif de cette année montre que les problèmes liés au logement abordable se sont répandus dans les collectivités autour des grands centres urbains », explique-t-elle.

Cet indice montre également que les coûts de location moyens dépassent maintenant les augmentations des revenus des ménages.

Par exemple, en Ontario, le prix moyen des loyers a grimpé de 20 % sur cinq ans, alors que le revenu n'a pour sa part augmenté que de 12 % au cours de la même période.

Même si toutes les régions sont touchées, certaines le sont plus que d'autres. C'est notamment le cas pour les régions autour de Toronto, d'Ottawa, de Winnipeg et de Vancouver.

C'est le cas par exemple à Vaughan, près de Toronto. Cette banlieue a l'un des loyers moyens les plus élevés de la province, et 3 640 ménages locataires dépensent au moins la moitié de leurs revenus pour se loger.

Même chose à St Catharines, Peterborough et London où environ 10 800 des quelque 64 960 ménages locataires y vivant se situent dans le groupe des loyers les plus bas, mais déboursent tout de même près de la moitié de leurs revenus pour un loyer.

En Ontario, 60 % de ceux qui gagnent moins de 22 385 $ font partie du groupe de ces résidents dépensant plus de 50 % de leur salaire pour payer leur loyer. Quant aux Britanno-Colombiens, ils sont 66 %.

Des logements surpeuplés

L'un des défis que cette augmentation des prix cause est aussi le surpeuplement des logements locatifs. Selon l'indice, plus de 417 000 logements au Canada sont considérés comme étant surpeuplés, et ce, principalement dans les grands centres urbains et au nord du pays.

Le partenariat national pointe toutefois quelques pistes de réflexion pour améliorer la situation.

Selon Stéphan Corriveau, directeur général du Réseau québécois des OSBL d'habitation, le Québec peut donner des leçons intéressantes. « Même si elles demeurent importantes, les pressions pour avoir accès au logement abordable au Québec sont moins sévères que dans d'autres provinces, en grande partie grâce à la mise en place de programmes provinciaux dans les années 1990 », souligne-t-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Secrets d'une fashionista pour toujours être stylée





Rabais de la semaine