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Procès d'Alain Perreault : les coûts des opérations Mr. Big ont explosé

Les policiers qui déploient une opération de type Mr. Big autour d'un suspect doivent se montrer beaucoup plus rusés et convaincants pour parvenir à leur fin, ce qui a fait exploser les coûts de telles opérations. 

Un texte de Yannick Bergeron

Le deuxième agent d'infiltration qui a participé à l'enquête menant à l'arrestation d'Alain Perreault, qui subit son second procès à Québec pour le meurtre de Lyne Massicotte, a expliqué au jury mardi matin que la technique a grandement évolué.

L'agent estime que l'opération visant Alain Perreault a coûté près de 100 000 $ en 2009. Aujourd'hui dans certains cas, les enquêtes de type Mr. Big nécessitent des investissements de plus d'un demi-million de dollars, selon lui.

Perreault a été approché par l'escouade spéciale à l'automne 2009 dans le but d'élucider la disparition de Lyne Massicotte qui n'a pas été revue après avoir visité le résident du quartier Limoilou à l'été 2003.

À l'époque, la technique d'enquête qui consiste à créer une fausse organisation criminelle autour d'un suspect dans le but d'obtenir ses aveux était peu connue du public.
La médiatisation de Mr. Big a rendu les suspects beaucoup plus méfiants, obligeant les agents à faire preuve d'ingéniosité.

« C'est maintenant beaucoup plus sophistiqué », a convenu l'agent d'infiltration qui a participé à 70 opérations semblables. Les scénarios sont désormais beaucoup plus élaborés et plus coûteux par le fait même, a précisé le témoin.

Alors que les 41 scénarios visant à piéger Perreault se sont déroulés sur 3 mois et demi, les enquêtes s'étirent parfois sur plus de 5 mois à travers 75 scénarios. « On a besoin d'en faire plus », a soutenu l'agent d'infiltration.

Les suspects sont ainsi amenés à accomplir des tâches pour l'organisation fictive dans d'autres provinces, par exemple, pour dissiper leurs doutes.

Nouvel ami

Le jury a aussi pu entendre mardi l'agent d'infiltration qui a passé le plus de temps avec l'accusé pendant l'enquête.

Jimmy (nom fictif) a joué le rôle de supérieur immédiat de Perreault dans l'organisation et ce dernier s'est rapidement lié d'amitié avec lui.

Dès la deuxième rencontre, Perreault a fait allusion à Lyne Massicotte, sans la nommer, selon l'agent. Il avise son nouvel « ami   qu'il vit de l'aide sociale « par rapport à un événement survenu il y a 6 ans ». Il se plaint d'avoir été arrêté et que cela l'a fait passer pour un tueur.

Perreault aurait alors expliqué que rien n'indiquait que Lyne Massicotte était morte puisqu'elle n'a jamais été retrouvée.

Alain Perreault semble très à l'aise avec l'agent d'infiltration, témoigne ce dernier. Un peu plus d'un mois après leur première rencontre, Perreault lui indique qu'il fait partie de sa vie, au même titre que sa fille et sa mère. 

Quand l'agent double propose à Perreault de prendre à part à des activités illicites, Perreault se montre volontaire.

À cet effet, le juge Richard Grenier a cru bon de lancer un avertissement aux jurés. Ce n'est pas parce que le suspect participe à des activités qu'il croit illégales qu'il a commis le crime pour lequel il est accusé.

« Ce n'est pas parce qu'on a volé dans la tirelire de sa mère qu'on est coupable de meurtre », a illustré le magistrat.

L'agent d'infiltration a constaté que Perreault se souvenait des moindres détails des opérations auxquelles il prenait part. Il a trouvé qu'en plus d'une bonne mémoire, le présumé meurtrier avait l'esprit vif et travaillait bien.

Le procès d'Alain Perreault pour le meurtre de Lyne Massicotte se poursuit cette semaine au palais de justice de Québec.

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