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Procès d'Alain Perreault : les scénarios de l'opération « Mr. Big » détaillés

L'architecte de l'opération « Mr. Big » qui a permis de piéger Alain Perreault a témoigné lundi au procès de l'homme de 54 ans, accusé du meurtre de Lyne Massicotte.

Un texte de Yannick Bergeron

L'agent d'infiltration, dont l'identité est protégée, a détaillé les 41 scénarios auxquels l'accusé a participé avant de passer aux aveux.

Cet agent a agi un peu comme le metteur en scène de l'enquête visant à créer une organisation criminelle fictive autour du suspect. Il a participé à une dizaine d'enquêtes semblables qui regroupent également des policiers de la Gendarmerie royale du Canada et de la Sûreté du Québec.

Selon le témoin de la Couronne, Alain Perreault a d'abord été approché le 30 septembre 2009 par un agent qui a feint d'être perdu dans son quartier.

À ce moment, l'enquête sur la disparition de Lyne Massicotte piétinait. La femme de Chambly n'a pas été revue après être venue visiter Perreault à Québec.

Les agents d'infiltration ont d'abord demandé à Perreault de faire des petits travaux comme des transports de marchandises qui avaient l'air tout à fait légaux. Après quelques semaines, l'organisation lui a offert de participer à des opérations illégales, « des artifices », mentionne l'agent en spécifiant qu'aucun crime n'est commis en réalité.

C'est ainsi que Perreault s'est retrouvé à transporter ce qu'il croyait être des explosifs et dans un autre cas, des armes.

Le policier a expliqué que le but des scénarios préliminaires visait à montrer au suspect les valeurs de l'organisation, soit l'honnêteté, la confiance et la loyauté.

Trois mois et demi d'opération

L'équipe d'infiltration a cependant rencontré des écueils pendant les trois mois et demi de l'opération.

Par exemple, alors qu'un agent d'infiltration roulait en direction de Montréal avec Perreault, le « metteur en scène » a dû les interrompre puisqu'il était question d'une opération « Mr. Big » dans les médias de la métropole.

Un scénario dans un chalet isolé à l'abri des communications a alors été élaboré pour y conduire Perreault.

Lors d'un autre scénario, Perreault s'est coupé près de l'œil, ce qui a obligé un agent d'infiltration à l'accompagner à l'urgence où ils ont passé la nuit.

Au total, le suspect qui vivait de l'aide sociale a reçu 14 000 $ pour ses services auprès de l'organisation « criminelle ».

L'organisation lui faisait miroiter une somme de 50 000 $ s'il participait à un gros coup. Mais il devait d'abord rencontrer le grand patron pour faire partie du coup.

L'avocat de Perreault, Me Stéphane Beaudoin, qui a contre-interrogé l'agent d'infiltration lundi après-midi, a tenté de savoir combien coûtait une opération policière comme celle-là.

Le témoin a répondu qu'il ne le savait pas, mais qu'il avait entendu dire qu'une telle opération s'élevait à plus de 100 000 $.

Une opération « Mr. Big » consiste à monter de toutes pièces une organisation criminelle que doit intégrer le suspect pour ainsi obtenir ses aveux.

Le second procès d'Alain Perreault se poursuit cette semaine au palais de justice de Québec.

 

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