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Procès de Mike Ward: la mère de Jérémy Gabriel dénonce ses propos « dévastateurs »

Sylvie Gabriel a qualifié « d'ignobles » les propos tenus par Mike Ward à l'endroit de son fils lors d'un spectacle en 2010. La mère de Jérémy Gabriel a décrit devant le tribunal les impacts négatifs de ce numéro de l'humoriste sur leur vie de famille. La Commission des droits de la personne poursuit Mike Ward pour un montant de 80 000 $ au nom du jeune chanteur.

Jérémy Gabriel est atteint du syndrome de Treacher Collins, qui occasionne notamment une déformation de son visage. Sa mère a raconté que la naissance de son fils a été difficile et qu'il a failli mourir à plusieurs reprises.

Les propos tenus par l'humoriste, décrivant Jérémy comme un monstre, et les blagues formulées sur son aspect physique ont eu un effet dévastateur sur le moral de l'enfant, a maintenu sa mère. Sylvie Gabriel dit aussi avoir souffert de dépression et d'insomnie.

« Mike Ward est venu détruire tout ce qu'on avait bâti », a affirmé la mère du jeune homme surnommé « le petit Jérémy ». « L'église a coupé les ponts avec notre famille et plus personne ne nous appelle pour des campagnes de collectes de fonds », a déploré la femme.

Sylvie Gabriel a étouffé des sanglots à plusieurs reprises durant son témoignage. La mère de famille a dénoncé vigoureusement les propos de Mike Ward, notamment ceux qui associent son fils à des prêtres pédophiles.

« Mon but c'était de me défendre avec ma famille et je suis très content de l'avoir fait, a confié Jérémy Gabriel. Je suis content de ce témoignage de ma mère. J'ai bien hâte de voir les résultats pour ce qui est du verdict final de cette aventure. »

Lors de son témoignage en septembre dernier, Jérémy Gabriel avait raconté avoir songé au suicide à la suite des propos de l'humoriste sur son physique.

Le jeune homme s'est fait connaître à 8 ans notamment pour avoir chanté devant le pape et Céline Dion. Tout a basculé pour lui au moment où Mike Ward lui a consacré un numéro dans son spectacle Mike Ward s'eXpose.

Liberté artistique

L'avocat, Me Julius Grey, a de son côté défendu la liberté artistique de son client et a appelé Mike Ward à témoigner.

« Si on ne peut pas rire des handicapés, on les traite un peu comme un sous peuple. [...] Rire d'eux, c'est les inclure », a déclaré l'humoriste.

Mike Ward a expliqué qu'il fait de l'humour noir et qu'il aime s'attaquer aux sujets tabous. « Ceux qui n'aiment pas ce que je fais ne comprennent pas ce que je fais. Ils voient du mal, mais l'humour, ce n'est pas obligé d'être gentil. »

L'humoriste s'est aussi dit attristé de constater que les parents de Jérémy Gabriel aient pensé qu'il voulait tuer leur enfant.

Une vingtaine de personnes, dont certains humoristes, étaient sans la salle de cour pour appuyer Mike Ward.

Les deux parties seront de retour au palais de justice de Montréal vendredi pour les plaidoiries.

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