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Procès du pasteur Guillot : les présumées victimes frappées « avec amour »

Des plaignants ont témoigné des sévices corporels dont ils auraient été victimes, mardi, au deuxième jour du procès du pasteur baptiste Claude Guillot.

Un texte de Yannick Bergeron

Alors qu'il avait une douzaine d'années, au début des années 80, un des plaignants a fréquenté l'école baptiste La Bonne Semence de Victoriaville dirigée par Guillot.

Il dit avoir été frappé à près d'une douzaine de reprises par le pasteur durant l'année scolaire parce qu'il n'avait pas respecté les règles très strictes de l'établissement.

Parler à un collègue de classe ou se tourner sur sa chaise pouvait entraîner une correction physique, selon le témoin.

« Avant de nous frapper, il faisait une prière », indique la présumée victime.

Le pasteur utilisait par la suite une palette de bois pour frapper le « délinquant » sur les fesses avec une grande force.

« Après la correction, il nous prenait dans ses bras des fois. Il disait que c'était fait avec amour », raconte le plaignant.

Il affirme que les marques et la douleur causées par les coups pouvaient rester plusieurs jours.

Palette de bois

Un autre témoin se souvient d'avoir été corrigé sévèrement avec une palette en bois alors qu'il avait environ 4 ou 5 ans, à la même période.

Il dit avoir résisté alors que Guillot lui aurait intimé d'adopter la position classique qui consistait à appuyer les mains sur le mur, les fesses projetées vers l'arrière avec les jambes écartées.

Selon le plaignant, sa résistance a choqué le pasteur qui se serait mis à le frapper brutalement en le retenant contre le mur.

Lors de la correction subséquente, il n'a pas offert de résistance.

Selon lui, le pasteur utilisait une palette en bois massif d'environ huit pouces de large, par 14 de long qu'il gardait dans une enveloppe matelassée.

Parents au courant

La poursuite a fait entendre deux mères qui ont admis avoir signé un document permettant la correction physique de leurs enfants.

L'une d'elles a indiqué que la direction de l'école promettait que ce serait fait « avec amour », selon l'enseignement religieux.

Une des mères croyait aussi que les corrections seraient seulement données en cas de gestes graves.

Elle s'est indignée en apprenant que son fils avait reçu des coups de son éducateur pour simplement avoir rongé ses ongles ou encore s'être retourné sur sa chaise.

Le procès se poursuit mercredi.

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