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Procès Normandeau : Guy Ouellette nie être à l’origine des fuites de l’UPAC

Le député libéral Guy Ouellette affirme qu'il n'est pas responsable de la fuite des documents confidentiels de l'UPAC. Ces divulgations sont à l'origine de la requête en arrêt des procédures pour le procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.

C’est dans le contexte de cette requête que Guy Ouellette témoigne, ce jeudi après-midi, au palais de justice de Québec.

Le député de Chomedey soutient qu’il n’a jamais eu en sa possession des informations ou des preuves liées à des enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qu’il aurait transmises à des journalistes.

Guy Ouellette, 66 ans, est un ex-policier de la Sûreté du Québec. Il a été arrêté le 25 octobre dernier. Il est suspecté d’être lié aux fuites médiatiques entourant l’enquête Mâchurer, qui porte sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

Selon son témoignage livré jeudi après-midi, il aurait été en état d’arrestation de 14 h 30 à 20 h 15, ce jour-là. Il n’aurait pas prononcé un seul mot durant cette période.

Actuellement, l’avocat de Marc-Yvan Côté cherche à trouver le ou les responsables de ces fuites médiatiques. Me Jacques Larochelle estime que ces divulgations nuisent à la tenue d’un procès juste et équitable pour son client.

Un policier nie être impliqué

Plus tôt, jeudi matin, le policier de la Sûreté du Québec Stéphane Bonhomme a été appelé à la barre des témoins. Il est aussi soupçonné d'être lié aux fuites médiatiques, ce qu'il nie catégoriquement.

Il a été suspendu avec salaire après une perquisition qui a eu lieu chez lui le 25 octobre dernier, le jour même de l'arrestation de Guy Ouellette.

Interrogé par l'avocat de Marc-Yvan Côté, M. Bonhomme a admis avoir déjà apporté un document confidentiel à la maison par inadvertance.

Lorsque Me Larochelle lui a demandé s'il avait déjà téléchargé des documents confidentiels à l'aide de l'espace de stockage Dropbox, il a répondu par la négative, affirmant qu'il s'y connaissait peu en informatique.

Climat de travail « pourri »

Le policier à la retraite Richard Desparties a lui aussi été appelé à témoigner, jeudi matin. À l'instar de M. Bonhomme, il a dit ne pas savoir d'où viennent les fuites. Il a parlé d'un climat de travail malsain où plusieurs personnes auraient pu couler de l'information.

M. Despasties a aussi parlé de « concours pipés » au terme desquels Robert Lafrenière « a pris tous ses chums ».

« Ça fuite de partout », a résumé M. Despasties qui a été congédié par l'UPAC en octobre dernier. Son domicile a aussi été perquisitionné le jour de l'arrestation de Guy Ouellette.

C'est d'ailleurs avec son téléphone cellulaire que l'UPAC avait envoyé un texto au député pour le faire sortir de l'Assemblée nationale et procéder à son arrestation.

Des accusations orchestrées

Le témoin vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito a témoigné mercredi au palais de justice de Québec.

Il a affirmé qu’il sentait un empressement de l'UPAC à porter des accusations dans ce dossier parce que le grand patron Robert Lafrenière s'apprêtait à faire renouveler son mandat.

Le député libéral Guy Ouellet lui aurait confié que le gouvernement avait un autre candidat en vue, soit l'ancien procureur de la commission Charbonneau Denis Gallant.

Rappelons que Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté et quatre autres coaccusés doivent répondre à des accusations de complot, de corruption, de fraude et d'abus de confiance. Le procès est prévu pour le 9 avril.

Avec les informations de Yannick Bergeron et Stéphanie Tremblay

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