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Programme d'emploi d'été : Ottawa excède ses droits, selon des dirigeants d'église

Certains dirigeants d'églises à Saskatoon estiment qu'ils sont à court de dizaines de milliers de dollars en raison d'une nouvelle exigence du fédéral pour les organismes qui font une demande de financement.

Le programme Emplois d'été Canada finance des contrats à court terme pour les étudiants du secondaire et du postsecondaire. Depuis 2017, les entreprises candidates doivent cocher une case confirmant qu'ils se conforment à la Charte canadienne des droits et libertés dans la demande de financement faute de quoi le gouvernement fédéral ne considérera pas la demande.

Quand le gouvernement fédéral invoque les valeurs sous-jacentes à la Charte, il inclut les droits en matière d'avortement : « Les droits des femmes font partie des droits de la personne, ce qui comprend les droits sexuels et reproductifs, ainsi que l’accès à des avortements sûrs et légaux. Ces droits sont au cœur des politiques intérieures et étrangères du gouvernement du Canada. »

Le cas de l’église Circle Drive Alliance

L’église Circle Drive Alliance à Saskatoon organise un camp d’été depuis 35 ans. Selon le pasteur de l’église, elle a toujours reçu du financement du programme d’Emplois d'été Canada.

L’an dernier, Elton Boldt dit avoir obtenu entre 35 000 et 40 000 $ pour embaucher cinq personnes. Cette année, l’église a demandé environ 43 000 $ pour financer six emplois, mais elle n’a reçu aucun financement.

L’église n’avait pas coché la case en question. Pour le pasteur, cela irait à l’encontre de sa conscience religieuse. « Tout comme vous voulez protéger les droits des femmes en matière de procréation, ne devrais-je pas être protégé par la Charte pour mes convictions et ma liberté d’expression », affirme le pasteur Elton Boldt.

Remise en question de la légalité de cette clause

Elton Boldt ne croit pas que le gouvernement fédéral devrait avoir le pouvoir d’ajouter une telle clause. Son église financera de sa poche les coûts reliés aux emplois d’été cette année. Elle évitera ainsi d’annuler les activités du camp, pour lequel déjà 300 enfants sont inscrits. « Nous devrons voir comment nous allons nous organiser, mais je connais des endroits qui ont dû annuler diverses activités parce que le financement n'était pas là », déplore-t-il.

Réactions de groupes religieux

Depuis son annonce, cet ajout au formulaire de demande de financement a fait réagir les groupes anti-avortement et certaines organisations religieuses à travers le Canada.

L’évêque Mark Hagemoen du diocèse de Saskatoon a dit en janvier qu’il était en désaccord avec l’interprétation du gouvernement de la Charte des droits et libertés.

L’église Elim à Saskatoon avait à l'origine soumis la demande sans accepter la clause, selon le pasteur Marvin Wojda. Il avait également joint leur propre attestation. « Nous y attestions que nous honorons tous les droits qui sont dans la Charte canadienne », explique-t-il.

Le gouvernement fédéral a tout de même répondu que leur demande était incomplète. L’église a donc soumis à nouveau la demande, mais en acceptant la clause cette fois-ci, selon le pasteur Wojda.

L'église d'Elim n’a toujours pas reçu de nouvelles concernant son financement, même si normalement la demande devrait avoir été acceptée à cette période de l'année, selon Marvin Wojda.

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