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Programme de hockey mineur au Nunavik : la Société Makivik répond à Joé Juneau

« Une étape importante [...] dans le développement d'une structure et d'une approche renouvelées pour le hockey mineur au Nunavik » : voilà comment la Société Makivik décrit les modifications apportées à son programme de hockey mineur pour ce territoire du Nord québécois, en réponse à la sortie virulente de Joé Juneau dans cette affaire.

Un texte de Hugo Prévost

Dans un communiqué transmis par courriel, la Société – l'un des deux organismes, l'autre étant l'Administration régionale Kativik, qui géraient le Programme de développement des jeunes du Nunavik axé sur le hockey – affirme que la fin de l'emploi de M. Juneau ne représente en fait que la plus récente étape d'un plan de transformation entamé depuis le début de l'année.

Jobie Tukkiapik, président de la Société Makivik, affirme ainsi que l'organisme avait annoncé dès février qu'il « voulait donner une autre orientation au hockey mineur au Nunavik ».

À l'époque, cela s'était traduit par des compressions avoisinant les 900 000 $ et la disparition du volet « Sélect » du programme, qui offrait aux joueurs les plus talentueux la possibilité de disputer des matchs contre d'autres équipes du sud du pays.

Parmi les changements qui s'ajoutent à cette transformation déjà entamée, on évoque une « nouvelle impulsion » pour le programme de hockey, ainsi que « l'inclusion d'un plus grand nombre de joueurs de hockey inuits pour de plus longues périodes ».

Toujours dans le communiqué, l'organisation indique que l'annonce effectuée cette semaine repose sur les démarches du Comité d'orientation du hockey mineur au Nunavik.

Mis sur pied au printemps dernier, ledit comité, « composé de représentants de la Société Makivik et de l'Administration régionale Kativik, ainsi que de maires, de jeunes, de parents et de représentants du hockey à l'échelle locale », a ainsi recommandé une « plus grande participation des jeunes à l'échelle locale et pour de plus longues périodes », l'« application du modèle de développement positif des jeunes », ou encore l'« intégration de la langue et de la culture inuites ».

Une rencontre de suivi des principaux intervenants est prévue à la fin novembre, en vue de la publication prochaine du rapport final du comité d'orientation.

« Elle est conforme aux constatations de l’évaluation que nous avions fait faire du Programme de développement des jeunes du Nunavik axé sur le hockey, dont Makivik assure maintenant la gestion », poursuit-il, avant de remercier M. Juneau pour les services rendus.

« Nous ne tournons pas le dos à cette période, mais nous désirons simplement entamer un nouveau chapitre pour le hockey au Nunavik. »

Juneau déçu

Difficile de déterminer, à la lecture des objectifs de la nouvelle mouture de ce programme de hockey mineur, quelles sont les différences avec sa précédente déclinaison.

Lancé en 2006, le programme conjoint avec Joé Juneau visait entre autres à « promouvoir le développement des jeunes des communautés, multiplier les opportunités sociales et économiques, en plus de lutter contre le décrochage scolaire et la violence ».

Apparemment piqué au vif, l'ancien joueur de la Ligue nationale de hockey avait publié sur Facebook une longue tirade où il dénonçait « de la manipulation et du sabotage de la part de quelques personnes irrespectueuses et déloyales ».

Après avoir évoqué un rapport d'évaluation « s'appuyant sur une méthodologie erronée et aux conclusions injustifiées », l'ex-hockeyeur professionnel s'était montré beaucoup plus réservé en entrevue avec Espaces autochtones, se contentant de demander d'« attendre la sortie d'un autre rapport d'ici Noël ».

« Je suis extrêmement déçu », a-t-il aussi déclaré.

Dans un courriel envoyé vendredi matin, toutefois, M. Juneau renouvelle ses remontrances contre la Société Makivik, évoquant des « dirigeants magouilleurs ».

Toujours selon lui, la Société Makivik a repris le contrôle de son programme pour y installer des responsables inuits, mais aurait « quand même accordé du financement pour deux autres programmes de hockey, à Kuujuaq et Kangiqsualujjuaq, qui sont coordonnés par des Montréalais ».

« Que ce soit moi ou quelqu'un d'autre, l'important est que ces jeunes puissent grandir et vivre avec une bonne structure de hockey », nuance-t-il toutefois.

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