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Projet de loi sur l'industrie du taxi : Régis Labeaume veut de l'innovation technologique

En voulant stopper Uber, Régis Labeaume reproche au gouvernement d'également fermer la porte aux autres entreprises technologiques qui auraient pu améliorer l'industrie du taxi tout en s'acquittant de leurs obligations fiscales.

Devant les élus réunis en commission parlementaire, le maire de Québec n'a pas hésité à critiquer le système « archaïque » que souhaite préserver le gouvernement. Il demande au ministre des Transports, Jacques Daoust, de modifier son projet de loi afin de permettre aux nouvelles technologies de s'implanter au Québec.

« Au lieu de chercher à les faire entrer dans un cadre désuet, comme le système actuel de monopole et de gestion par quotas, il faut leur trouver une niche en complémentarité avec les autres modes existants et s'assurer qu'ils se concurrenceront selon des paramètres réglementaires et fiscaux comparables », a plaidé Régis Labeaume.

Le maire soutient aussi que le rapport de force de la Ville de Québec avec l'industrie du taxi, en l'absence d'autres modèles, est inéquitable.

La bonne entente règne actuellement avec représentants des taxis, mais Régis Labeaume se sentirait piégé si, dans le cadre d'un éventuel conflit, les chauffeurs décidaient de ne plus desservir certains endroits névralgiques comme le Centre Vidéotron.

« Un leadership plus radical pourrait éventuellement profiter de la situation de monopole et perturber dramatiquement le fonctionnement d'équipements majeurs de la capitale », met en garde le maire Labeaume.

Coincé par la valeur des permis

Si le ministre Jacques Daoust est d'accord avec certains des arguments présentés dans le mémoire de la Ville de Québec, il explique toutefois qu'il est impossible pour le gouvernement de racheter les permis de taxis sur le marché.

À l'échelle de la province, la valeur de ces permis pourrait atteindre un milliard de dollars. Les innovations technologiques devront donc se développer dans le cadre réglementaire actuel.

« En bout de ligne, on n'est pas capable de se résigner à être injuste envers les détenteurs. Pour moi, je pense que c'est par une application, ce sont les technologies qui devraient nous fournir la solution », répond le ministre Daoust en mentionnant, entre autres, l'application mobile développée par Taxis coop Québec.

Pas un monopole

Certains représentants de l'industrie du taxi, nombreux à assister aux travaux de la commission parlementaire, ont tenu à répliquer aux propos de Régis Labeaume.

Selon Benoît Jugand, du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, il est complètement faux d'insinuer que les chauffeurs de taxi exercent un monopole.

« On a 300 compagnies de taxis au Québec qui se livrent une bataille pour aller chercher la même clientèle, la même population, alors on ne parle pas ici d'un monopole », fait valoir le représentant syndical.

Benoît Jugand accuse également Régis Labeaume de vouloir inciter des multinationales « qui volent les citoyens » à s'installer au Québec pour concurrencer des entreprises locales qui oeuvrent en toute légalité.

L'étude du projet de loi 100 se poursuit jeudi en commission parlementaire. Le Regroupement des taxis de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain seront notamment entendus.

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