C'est une surprise. Trois jours après le dévoilement du projet de tramway, la Coalition avenir Québec (CAQ) annonce qu'elle trouve le projet suffisamment intéressant pour donner son appui. Une position qui isole Québec 21, l'opposition officielle à la Ville de Québec, seul parti contre le projet.

Une analyse de Louise Boisvert

L'objectif, c'est de « rallier le plus de gens possible », indique une source près du dossier à la CAQ.

Le caucus de la Coalition avenir Québec de la région de la Capitale-Nationale a annoncé lundi qu'il approuvait le projet de transport structurant.

La commande était importante. La CAQ sait qu'elle jouit d'un appui important dans la région, à six mois des élections générales.

Le flou qu'elle entretenait depuis des mois sur le projet de transport collectif du maire Labeaume laissait entendre qu'elle pourrait s'y opposer.

La CAQ est bien consciente que cette prise de position va déplaire à une partie de son électorat. Pour les électeurs qui se sentent orphelins, elle promet de réaliser le projet de troisième lien coûte que coûte.

Aujourd'hui, elle donne son appui au projet de tramway sans grand enthousiasme.

Le projet va mieux desservir les banlieues, c'était une condition essentielle. Il n'inclut pas l'interconnexion avec Lévis, mais la CAQ promet de corriger le tir.

Leader de l'interconnexion

Le maire de Lévis aussi. Lundi, lors d'un conseil municipal spécial, les élus de la Rive-Sud ont adopté une motion pour forcer le gouvernement à leur confier la réalisation des études pour l'interconnexion.

Le maire Lehouillier veut mener ce combat de front.

Dans les faits, Lévis n'a pas besoin d'un mandat. L'interconnexion, c'est d'abord pour les usagers de Lévis. Cela lui revient d'office de faire ses représentations.

« J'invite le maire de Lévis à embarquer dans le train », a même dit le premier ministre Philippe Couillard vendredi. Il estime que c'est à Gilles Lehouillier de lever la main pour faire bouger les choses.

Le maire Lehouillier pose en victime et réclame à grands cris du financement pour ses projets de transports, mais il oublie de dire qu'il a obtenu des garanties du Conseil du Trésor et qu'il aura les sommes réclamées dans le prochain budget.

Envers et contre tous

Le chef de Québec 21 se retrouve plus isolé. Le parti de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Québec est le seul à ne pas appuyer le projet de transport structurant.

Jean-François Gosselin exige toujours un référendum.

Même la CAQ est d'avis que la Ville de Québec a fait ses devoirs et que les consultations publiques qu'elle s'apprête à tenir dans deux semaines suffisent à légitimer le projet.

« On n'a pas l'intention de s'immiscer dans la façon dont la Ville de Québec va administrer son projet », souligne le député de La Peltrie.

Éric Caire estime que les citoyens de Québec auront une tribune pour s'exprimer.

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