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Propos diffamatoires : Cogeco plaide la poursuite-bâillon

Cogeco tente de faire rejeter la poursuite d'un million de dollars intentée par la Ville de Québec, en février, pour des propos de l'animateur Sylvain Bouchard tenus en ondes à la station FM 93.

L'avocat de la défense, Me Éric Mongeau, a plaidé jeudi au palais de justice de Québec que la Ville a intenté contre Cogéco une poursuite-bâillon.

Me Éric Mongeau argue que la poursuite vise à faire taire les critiques de l'animateur à l'endroit de l'administration Labeaume. Me Mongeau demande à la juge Johanne April de rejeter la requête de la Ville.

« Il s'agit d'une attaque frontale sans précédent d'une autorité gouvernementale à l'endroit d'un média. [...] Cette poursuite a un effet nocif paralysant face non seulement à mon client, mais aux médias qui couvrent la scène municipale à Québec », fait valoir Me Mongeau.

Me Mongeau évoque la liberté d'expression et souligne que les propos ont été prononcés par un animateur et non par un journaliste.

Désinformation selon la Ville

La Ville de Québec allègue dans sa poursuite que l'animateur Sylvain Bouchard a faussement laissé croire que la commission Charbonneau, sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, a conclu à des actes de corruption au sein de l'administration municipale.

L'avocat de la Ville de Québec Me Maxime Blais, parle de désinformation. Selon lui, Sylvain Bouchard a utilisé les mots collusion et corruption pour créer un débat alors que la Ville de Québec avait vu sa réputation et son intégrité épargnées dans le cadre de la commission Charbonneau.

« La corruption aurait gangrené l'Hôtel de Ville de Québec pendant plus longtemps que Montréal », cite l'avocat en rapportant les propos de Sylvain Bouchard.

La Ville croit que l'animateur aurait agi intentionnellement pour « mousser ses cotes d'écoute », portant ainsi « atteinte à la réputation, la dignité, l'intégrité et la probité » de l'administration municipale et ses élus.

Responsabilisation

L'avocat de la Ville a conclu la séance en déclarant qu'il fallait responsabiliser les stations de radio. Selon lui, les animateurs ont un énorme pouvoir d'influence sur l'opinion publique et dans ce cas-ci, les propos de l'animateur auraient gravement compromis l'inégrité de la Ville. 

La poursuite de 500 000 $ en dommages compensatoires et 500 000 $ en dommages punitifs a été intentée à la suite de propos tenus en novembre dernier.

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