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Protection des milieux humides : une menace à l’urbanisme selon Lévis

La nouvelle loi sur la conservation des milieux humides menace les plans d'urbanisme de la Ville de Lévis. Le maire Gilles Lehouillier demande à Québec de réviser les compensations financières « aberrantes » que doivent débourser les entreprises qui construisent dans ces zones.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Avant l’adoption de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques en juin 2017, il était possible de diminuer les sanctions financières imposées en proposant au gouvernement un projet de remplacement des milieux humides.

Gilles Lehouillier affirme que d’éliminer cette possibilité encourage l’étalement urbain et « fait en sorte que tout le développement d’une partie du Québec va être bloqué à double tour ».

« Les gens vont avoir tendance à se trouver des terrains secs plus proches des habitations et commencer à faire du développement qui va à l’encontre des plans d’urbanisme », déplore le maire.

À Lévis, près de 30 % du territoire urbain est occupé par des milieux humides. Les compensations financières sont passées de 4 $ à 44 $ du mètre carré depuis l’application de la loi.

« Actuellement, dans des villes comme la nôtre, à part de très gros promoteurs qui construisent en hauteur, comme une tour de 20 étages, il n’y a plus de rentabilité. Ça va être impossible de faire du développement pour les entrepreneurs moyens de notre ville », explique le maire.

Gilles Lehouillier joint donc sa voix à de nombreux maires du Québec pour demander au gouvernement de reconnaitre les plans de gestion des milieux humides déjà négociés par les municipalités.

« Nous, on avait une entente négociée avec le ministère de l’Environnement. La loi a pour effet de prendre notre plan et de dire '' poubelle ''. C’est comme si notre plan n’était plus bon alors qu’il avait été approuvé par le ministère de l’Environnement », déplore le maire.

Projets publics

M. Lehouillier demande également au gouvernement d’introduire un règlement à la loi pour créer des exemptions de frais lors de projets publics.

Il donne en exemple les coûts des travaux de réfection du réseau d’aqueduc et d’égouts qui pourraient exploser avec les dispositions actuelles de la loi.

« Si je passe un tuyau, au lieu de me coûter 25 000 $ en compensations, ça va me coûter 150 000 $ à 200 000 $ », déplore Gilles Lehouillier.

Le maire souhaite que Québec profite du fait que les règlements de la loi sont encore à définir pour abaisser les compensations financières exigées lors de la construction dans les milieux humides.

« Profitez du règlement pour modifier ces coûts-là parce que moi ce n’est pas compliqué, à part un ou deux gros promoteurs, il n’y a plus personne qui va pouvoir faire du développement », conclut-il.

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