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Protection du lac Saint-Charles : des mesures « innovantes et sévères », dit Labeaume

C'est sans tambour ni trompette que la Ville de Québec a rendu public son plan d'action pour la protection du lac Saint-Charles lundi soir. Le document, qui a été déposé quelques minutes à peine avant le conseil municipal, brosse les grandes lignes des initiatives à venir pour assainir et protéger le plan d'eau et la prise d'eau potable de Québec.

En début de séance du conseil, le maire Régis Labeaume a expliqué aux élus la nouvelle vision de la Ville, à laquelle seront consacrés un peu plus de 13 millions de dollars pour l'exercice 2017-2019.

« Au Québec, actuellement, il n'y a pas une ville qui prend des mesures aussi drastiques que la Ville de Québec pour protéger sa source d'eau. Tout le monde s'entend pour dire que c'est la Ville de Québec qui prend les mesures les plus innovantes, les plus avant-gardistes et les plus sévères », a affirmé le maire.

L'objectif est entres autres « d'encadrer rigoureusement le développement immobilier dans les zones sensibles » et « d'augmenter la superficie de zone de conservation des milieux naturels » peut-on lire dans le document d'une vingtaine de pages intitulé Plan d'action pour la protection de la prise d'eau et du lac Saint-Charles.

Quelque 2,6 millions de dollars seront consacrés au contrôle des sédiments et au réaménagement des fossés considérés comme prioritaires. Les fosses septiques font également partie des priorités. À terme, 500 installations non conformes pourraient être remplacées. Le coût total de ces opérations est évalué à 2,3 millions de dollars.

Québec souhaite contrer la présence de cyanobactéries en effectuant notamment un meilleur suivi de la qualité de l'eau de la rivière Saint-Charles. Elle prévoit aussi mettre en place en 2017 un plan de conservation et de mise en réserve de terrains de grande valeur écologique, d'une superficie à 6,7 kilomètres carrés.

Des projets pilotes qui comprennent la mise en place d'un marais filtrant et la revitalisation des rives municipales de la rivière Saint-Charles sont également prévus par la Ville.

La quantité de sel épandu sur les voies publiques sera également réduite de 15 % sur le territoire.

« On ne détesterait pas éventuellement appliquer le principe de la route blanche autour du lac, c'est-à-dire des routes où on n'utilise pas de fondants ou de sel, a plaidé le maire Labeaume lors de son allocution d'ouverture au conseil. Ce n'est pas évident, parce qu'il faut toujours opposer la potentielle sécurité à la contamination du lac. »

L'opposition à l'hôtel de ville de Québec a vertement réagi à la publication du plan d'action, affirmant que la situation est « bordélique » et que le dossier « n'avance pas », selon Paul Shoiry de Démocratie Québec. Celui-ci affirme que le plan d'action arrive beaucoup trop tard, puisque depuis la publication du rapport sur l'état du lac Saint-Charles, en novembre dernier, peu d'actions ont été posées selon lui.

La conseillère de Démocratie Québec Anne Guérette affirme quant à elle que l'administration Labeaume a publié le document de façon précipitée pour faire oublier la nouvelle de ses dépôts à neige non conforme la semaine dernière.

« On n'est pas surpris, a dénoncé la conseillère d'opposition. C'est comme ça que l'équipe Labeaume gouverne la ville, donc c'est évident que les choix n'ont pas été faits en fonction de protéger l'environnement et le bassin versant. »

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