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Puits privés : des dépassements de normes préoccupants

Au moins 20 % des puits privés situés dans les bassins versants des rivières Saint-Charles et Montmorency renferment des sels ou des bactéries dépassant les normes, selon une étude de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).

La CMQ, qui souhaitait évaluer l’influence des installations septiques et de l’utilisation de sels de déglaçage sur la qualité de l’eau souterraine, sonne l'alarme après avoir analysé l’eau de 900 des 6800 puits privés sur son territoire.

Selon les tests réalisés au printemps et à l'automne 2016 sur une base volontaire, un puits sur cinq est non conforme en ce qui a trait aux paramètres microbiologiques (Escherichia coli, coliformes, bactéries) dans le bassin versant de la prise d’eau de la rivière Saint-Charles.

Cette proportion est de 28 % dans le bassin versant des prises d’eau de la rivière Montmorency.

Environ 5 % des puits échantillonnés sont contaminés à l’E. coli, une bactérie dont la présence représente un danger pour la santé.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, président de la CMQ, souligne que ces résultats confirment l’importance de poursuivre les efforts pour protéger les sources d’eau potable.

« Bien qu’il n’y ait pas de crise de santé publique, quand vous avez ça comme résultat, vous n’attendez pas d’en avoir une [pour agir] », dit-il.

Le maire montre une fois de plus du doigt le développement immobilier et les fosses septiques vieillissantes au nord de Québec.

« Nos sources d’eau potable sont vulnérables quant à moi à cause du développement immobilier irresponsable sur certains territoires de la CMQ où on a bâti encore récemment des rues et des quartiers sur puits et sur fosses septiques. »

Sels de déglaçage

Les résultats de l’étude démontrent également une présence de sels de déglaçage excédant les normes dans 56 % des puits analysés dans le bassin de la rivière Saint-Charles et dans 46 % des cas dans le bassin de la rivière Montmorency.

Le maire de Québec estime que des solutions doivent être envisagées, notamment par le ministère des Transports, pour sécuriser les routes l’hiver tout en préservant la qualité de l’eau aux abords des bassins versants.

« Je vais en parler au ministre. Eux, ils ont un mandat bien précis qui est la sécurité, alors il dit : "ça prend du sel". Mais à moment donné, on es-tu assez intelligent pour trouver d’autres types d’abrasifs? », soulève le maire.

Le maire souhaite que le ministère évalue entre autres les méthodes d’épandage et tienne compte des zones plus critiques pour par exemple diminuer la quantité de sel employée ou changer la composition des abrasifs.

Des mesures à venir

Le maire Labeaume souligne que des efforts continueront d’être fournis pour protéger les sources d’eau potable. La CMQ procédera à de nouveaux échantillonnages en mai pour tester les puits qui n’ont pas été analysés.

La possibilité de subventionner l’installation de lampes UV pour éradiquer les bactéries dans les puits contaminés est aussi à l’étude. Les propriétaires ciblés seront avisés.

Un guide sera aussi élaboré pour sensibiliser les propriétaires aux responsabilités et aux pratiques concernant l’utilisation des fosses septiques et des puits.

Le maire de Québec et président de la CMQ prévient que des gestes « plus lourds » seront également posés pour préserver la qualité de l'eau.

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