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Qualité de l'air : un recours collectif envisagé contre Anacolor

Un regroupement de citoyens de Cap-Rouge compte déposer un recours collectif contre l'entreprise Anacolor, qui refuse de se plier aux exigences du ministère de l'Environnement.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Le 30 septembre, l'entreprise de coloration de surfaces métalliques a déposé un recours au Tribunal administratif du Québec pour contester le certificat d'autorisation émis à l'entreprise par le ministère de l'Environnement. Celui-ci stipule notamment que pour poursuivre ses activités, Anacolor doit installer un épurateur qui permettra de réduire de 90% ses émissions polluantes dans un délai de 5 mois.

Le président d'Anacolor, Éric Nadeau, précise que ce recours conteste l'ampleur de la réduction qu'il qualifie de « décision arbitraire du ministère ». « Les normes environnementales qui encadrent le type d'entreprise qu'il opère n'exigent pas une telle mesure », soutient-il.

Le Regroupement citoyen pour la qualité de l'air de Cap-Rouge rétorque que la « contestation par Anacolor du certificat d'autorisation exige que des démarches soient enclenchées au plan juridique ».

Un courriel acheminé aux membres du regroupement, dont Radio-Canada a obtenu copie, mentionne que « le recours exercé par Anacolor nous amène à conclure que celle-ci veut gagner du temps et veut ainsi obtenir une réduction des exigences imposées ».

La porte-parole du regroupement, Stéphanie Houde, affirme que le groupe de citoyens est « définitivement rendu à l'étape du recours collectif ». On nous dit qu'il y a quelque chose qui se prépare, mais on ne sait pas quoi et ça fait des mois qu'on attend », affirme-t-elle.

L'usine Anacolor existe depuis plus de 40 ans. L'augmentation de la production en 2012 a toutefois entraîné une hausse des plaintes pour des odeurs nauséabondes.
En juillet dernier, la Direction régionale de la santé publique et le ministère de l'Environnement ont présenté les résultats d'études menées sur les impacts des émanations dans le voisinage.

Selon leurs données, Anacolor a dépassé les normes d'émissions des polluants à plusieurs reprises en 2013, 2014 et 2016.

« La question qu'on se pose, c'est pourquoi le ministère de l'Environnement, le ministre Heurtel, n'a pas ordonné l'arrêt des opérations. On sait très bien que c'est nocif pour la santé. Ils ne sont pas conformes », déplore Stéphanie Houde.

Le regroupement précise que le Conseil régional de l'environnement de la Capitale nationale a été saisi du dossier et que des démarches auprès d'organismes de soutien des citoyens pour la défense de leurs droits en matière d'environnement sont entreprises.

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