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Quand la recherche et l'industrie s'allient pour la santé

Des chercheurs et industriels sont réunis à Québec pour discuter des percées et défis de l'industrie de l'alimentation  santé, dans le cadre du 3e congrès Bénéfiq, qui s'est ouvert mardi. L'événement est l'occasion d'échanges entre scientifiques et gens d'affaires qui collaborent de plus en plus pour mettre en marché des produits bénéfiques pour la santé.

De l'abolition des gras trans en passant par la réduction du sucre et du sel, sans compter sur la création d'aliments aux bienfaits multiples, les défis sont nombreux pour l'industrie agroalimentaire, dont la clé repose bien souvent sur la recherche.

C'est pourquoi les entreprises sont de plus en plus nombreuses à développer des partenariats de recherche, notamment avec l'INAF, l'Institut sur les aliments fonctionnels et la nutrition de l'Université Laval, « l'un des milieux de recherche les plus dynamiques et avancés au monde dans le secteur de l'alimentation et de la santé », selon sa directrice au développement, Renée Michaud.

« Notre devoir, comme centre de recherche, c'est aussi d'épauler l'industrie agroalimentaire à améliorer la qualité des produits offerts aux consommateurs » avance-t-elle.
Le partenariat entre l'entreprise Fruit d'Or et l'INAF illustre bien les possibilités de ce type de partenariat. L'entreprise est spécialisée dans la culture et la transformation des canneberges. Depuis sa création en 2000, son chiffre d'affaires est passé de 400 000 $ à 90 millions $.

« Ce qu'on a voulu faire dès le début, c'est de donner une crédibilité à ce qu'on faisait puis au produit qu'on allait commercialiser, explique Sylvain Dufour, vice-président aux ventes et marketing chez Fruit d'Or. C'est exactement ça qu'on fait avec la recherche : on fait des études [...] pour prouver que ce n'est pas de l'air qu'on vend, c'est un bénéfice santé qu'on veut amener aux consommateurs. »

Depuis sa création, c'est une dizaine de millions de dollars que l'entreprise a investie dans la recherche. Un investissement qui en a valu la chandelle, selon Sylvain Dufour. « Ça nous a ouvert beaucoup de portes et donné accès à plein d'entreprises. »

Et les possibilités sont encore grandes dans le domaine. Yves Desjardins, chercheur affilié à l'INAF, a travaillé sur de nombreuses recherches sur la canneberge, notamment avec Fruit d'Or. Il a récemment démontré que le petit fruit pouvait avoir un impact positif sur la flore intestinale des souris, allant jusqu'à limiter la prise de poids. « On en est à débuter une grande étude clinique chez l'humain. Quatre ou cinq collègues de l'Université à l'INAF veulent démontrer ces effets bénéfiques là chez de personnes qui sont obèses », avance le chercheur.

L'un des défis de joindre ainsi la recherche universitaire au développement du marché industriel est de maintenir l'indépendance des chercheurs. L'INAF assure avoir des protocoles établis, notamment dans le cas de recherches cliniques.

« Il y a des comités d'éthique qui regardent la façon dont on fait les recherches pour s'assurer qu'il n'y ait pas de biais et de conflit d'intérêts entre ce qu'on fait et le souhait des partenaires industriels qui ne voudraient peut-être pas aller dans la bonne direction puis utiliser les résultats de la recherche à des fins très marketing. »

Un partenariat d'affaires a été annoncé entre l'INAF et la société allemande R-Biopharm qui investit 250 000 $ dans une recherche sur la gestion des allergies alimentaires.

Le congrès Benefiq se poursuit jusqu'à jeudi.

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