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Quatre manifestations marquantes des sommets du G7, G8 et G20

Plusieurs manifestations sont au menu en marge du Sommet du G7 dans Charlevoix. Au cours des dernières années, de nombreux rassemblements de dirigeants ont marqué l'actualité. Voici quatre villes qui ont accueilli des sommets au cours des 17 dernières années.

Un texte de Charles D'Amboise et Fanny Samson

Gênes, Italie – G8 en 2001

Cette rencontre a été marquée par de violentes manifestations qui ont mobilisé plus de 100 000 manifestants antimondialisation. La répression policière a même fait un mort, un militant de 23 ans, et des centaines de blessés. Les émeutes ont duré trois jours.

Les rencontres des leaders de la planète étaient accompagnées de protestations hostiles depuis celle de l’Organisation mondiale du Commerce à Seattle, en 1999, mais Carlo Giuliani a été la première victime de ces manifestations.

Amnistie internationale avait même affirmé que ces tristes événements avaient constitué « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la Seconde Guerre mondiale ».

« Le pic du mouvement, le moment où les gens avaient vraiment une conscience. Ils étaient conscients que leurs actions avaient un impact global, c’était vraiment au tournant du millénaire », souligne l’expert de ces mouvements, André Drainville, professeur titulaire au département de sociologie de l’Université Laval.

Ce sommet est le dernier G8 tenu dans une grande ville, à l’exception de Bruxelles en 2014. Les violences des manifestations et les attentats du 11 septembre 2001 ont poussé les membres à organiser leurs réunions dans des endroits moins accessibles, comme c’est le cas de La Malbaie.

Toronto, Canada – G20 en 2010

Il y a huit ans, le sommet du G20 à Toronto a été le théâtre de la plus importante vague d'arrestations de l'histoire canadienne. À l’époque, les policiers ont arrêté plus de 1100 manifestants anticapitalistes, qui avaient été pour la plupart pris en souricière par des policiers antiémeutes.

Selon M. Drainville, la comparaison entre le sommet à La Malbaie et celui de Toronto est à éviter, notamment parce qu’une petite municipalité comme La Malbaie est plus facile à sécuriser.

« Il va y avoir des affrontements avec la police, mais ce ne sera pas de la même ampleur », insiste le professeur, qui rappelle l’examen de conscience qu’avait fait la police de Toronto après le sommet du G20.

Rappelons qu’un rapport du Bureau ontarien du directeur indépendant de l'examen des autorités avait conclu que certains policiers avaient ignoré les droits fondamentaux des manifestants pendant les protestations. Le document montrait entre autres du doigt le chef adjoint de la police de Toronto, qui avait ordonné aux policiers de « reprendre le contrôle de la rue ».

Hambourg, Allemagne – G20 en 2017

Marqué par de graves violences entre les forces de l’ordre et des militants d'extrême gauche, le sommet qui se tenait l’an dernier à Hambourg a plongé la ville dans un climat de quasi-urgence pendant près de trois jours. Ainsi, de nombreux casseurs ont fait du grabuge dans la ville de 1,7 million d’habitants qui est réputée pour sa tradition anarchiste.

« On promettait une centaine de milliers de manifestants et, au final, il y a eu une douzaine de milliers », indique M. Drainville, qui rappelle que les policiers n’ont pas hésité à répliquer sans ménager leurs efforts.

« Il y a eu des affrontements assez secs avec la police, qui a parlé de 500 policiers qui avaient été blessés durant les manifestations. Il s’est avéré que sur ces 500, 455 sont retournés au travail le lendemain matin. La grande majorité avait été victime soit de déshydratation ou avait été incommodée par les gaz lacrymogènes. Les gaz lacrymogènes de la police, on s’entend. »

Toutefois, selon M. Drainville, la tradition anarchiste des groupes de manifestants en Allemagne n’est pas la même qu’au Canada, ou au Québec.

Taormine, Italie – G7 en 2017

Le sommet de l’an dernier s’est déroulé à Taormine, une ville similaire à La Malbaie en ce qui concerne la population. Il y a environ 3000 habitants de plus dans cette station balnéaire sicilienne qu’à La Malbaie.

La plupart des manifestations ont donc eu lieu à quelques kilomètres du lieu du sommet, où plusieurs centaines de personnes se sont réunies. Sauf quelques affrontements entre police et manifestants, ces événements sont loin d’être comparables aux émeutes de Gênes en 2001, même si les autorités s'attendaient au pire.

L’expert André Drainville souligne que la sécurité lors de ce type d’événements a beaucoup changé au courant des dernières années. « Il ne faut pas oublier que la police fait partie de cette violence-là. Parfois, elle répond à la violence, parfois elle constitue la violence. »

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