La Ville de Québec mise sur la complémentarité et la flexibilité pour améliorer les déplacements sur son territoire : son nouveau projet de réseau de transport structurant intégrera des circuits de tramway, de trambus et de Métrobus, en plus de comprendre une portion « métro ».

Un texte de Louis Gagné

Le maire Régis Labeaume a présenté vendredi son très attendu projet de mobilité durable, qui consiste en un réseau de transport multimodal articulé autour d’une ligne de tramway d’une longueur de 23 km.

Selon le maire, il s’agit « d’un des plus grands projets collectifs de l’histoire » conçus pour la ville et la région qui permettra de « faire entrer Québec dans la modernité ».

« C’est fini le temps où Québec était la seule grande ville canadienne à ne pas disposer d’un réseau de transport moderne et structurant », a déclaré Régis Labeaume lors d’un point de presse conjoint avec le premier ministre Philippe Couillard.

La ligne de tramway reliera le secteur Louis-XIV, situé dans l’arrondissement de Charlesbourg, au secteur Le Gendre, dans l’ouest de la ville.

Les rames, qui seront propulsées par l’électricité à l’aide de lignes de contact aériennes, desserviront notamment la Basse-Ville, la colline Parlementaire, la Cité universitaire, le boulevard Laurier et le futur Centre de glaces.

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3,5 km en tunnel

Le tracé projeté prévoit deux portions souterraines totalisant une longueur de 3,5 km.

Le tramway passera en mode « métro » entre le Jardin Jean-Paul-L’Allier, dans le quartier Saint-Roch, et l’avenue des Érables, en Haute-Ville.

Des stations souterraines seront construites à la place D’Youville, la colline Parlementaire et le Grand Théâtre, entre autres.

Une deuxième portion sous terre est prévue entre l’avenue Lavigerie et le boulevard Hochelaga, dans le secteur de Sainte-Foy.

Trambus

Pour relier la ligne de tramway aux différents pôles d’activité et aux secteurs les plus achalandés comme ceux de Lebourgneuf, D’Estimauville et Limoilou, la Ville prévoit aménager une ligne de trambus.

Le trambus est un véhicule bi-articulé sur roues qui n’est pas sans rappeler le défunt projet de service rapide par bus (SRB). À l’inverse du SRB, cependant, qui envisageait un véhicule hybride, le trambus sera entièrement électrique.

Le projet de réseau de transport structurant comprend également une bonification et un nouvel aménagement de certains parcours de Métrobus et de bus.

Projet de 3 milliards

La nouvelle infrastructure coûtera 3 milliards de dollars et sera entièrement financée par les gouvernements provincial et fédéral.

La municipalité devra néanmoins décaisser un montant de 300 millions de dollars au cours des 8 prochaines années afin de réaliser différents travaux d’aménagement tels que le prolongement de la rue Mendel et la réfection des boulevards Laurier et Hochelaga.

Les coûts d’opération annuels projetés s’élèvent à 155 millions de dollars.

Horizon 2026

La mise en service complète du réseau de transport est prévue pour l’automne 2026. Les deux prochaines années (2018-2019) seront consacrées à la réalisation d’études de conception, la signature des ententes de financements et la finalisation du dossier d’affaires.

La réalisation des plans et devis et l’obtention des différentes autorisations gouvernementales devraient prendre deux années supplémentaires (2020-2021) tant et si bien que les travaux de construction de réseau ne commenceront pas avant 2022.

La mise en service complète est prévue pour l’automne 2026.

Réduire la congestion

Régis Labeaume et Philippe Couillard sont persuadés que la fréquence et la rapidité du futur réseau permettront de réduire considérablement les problèmes de congestion routière à Québec, un obstacle au progrès selon le premier ministre.

« La congestion coûte cher et nuit à la qualité de vie, a-t-il affirmé. Notre capitale nationale se doit d’avoir enfin un réseau de transport collectif confortable, fiable et respectueux de l’environnement. Un réseau à la hauteur du statut et de la beauté d’une des plus belles villes du monde. »

La mise en service du système de transport contribuerait à retirer 12 600 véhicules des routes aux heures de pointe. On s’attend en outre à ce que l’achalandage du réseau de transport en commun augmente d’environ 30 % d’ici 2026.

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