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Québécois tués au Burkina Faso : des jeunes de l’école Cardinal-Roy se souviennent

Le personnel et les élèves de l'école secondaire Cardinal-Roy à Québec vont souligner à leur façon la mort de Maude et Yves Carrier ainsi que Louis Chabot lundi. Ces trois Québécois tués lors des attentats survenus au Burkina Faso, en janvier 2016, ont tous travaillé à cette école.

La direction emboîte ainsi le pas à la journée nationale du vivre-ensemble décrétée par le gouvernement du Québec. La date du 15 janvier a été choisie pour souligner la mémoire de ces Québécois qui ont perdu la vie lors des attentats à Ouagadougou en 2015.

« On n'a pas oublié, mais les gens vont de l'avant, ils sont résilients », affirme Élisabeth Fortin, directrice de l'école Cardinal-Roy.

Les élèves issus des différentes communautés culturelles sont invités à porter le costume national de leur pays d'origine lundi prochain. Une soupe populaire préparée par les élèves sera aussi servie à l'extérieur de l'école.

L'activité a été inspirée par Yves Carrier lui-même, qui a initié l'idée à l'école secondaire Jean-De-Brébeuf, il y a quelques années.

« La soupe aux légumes représente la diversité qu'on a, ça représente aussi l'équipe de Yves Carrier au Burkina Faso qui est allé aider à l'international », dit Jacques Lépinay, un enseignant qui a bien connu Maude et Yves Carrier.

Il s'envolera d'ailleurs bientôt au Burkina Faso pour aller à la rencontre des élèves et de la directrice de l'école où la famille originaire de Lac-Beauport oeuvrait. Ils ont bien connu les Québécois avant leurs décès.

« Je vais aller donner des cours de français, et peut-être que je vais leur proposer la soupe aux légumes, pour qu'eux aussi puissent exorciser leur terrible journée », croit Jacques Lépinay.

La directrice Élisabeth Fortin estime que la journée reflète très bien les valeurs véhiculées par les Carrier ainsi que Louis Chabot qui sont morts au Burkina Faso alors qu'ils participaient à un voyage humanitaire.

« Eux autres, c'était l'acceptation des différences, on accueille tout le monde, puis on s'aide c'est vraiment pertinent », se souvient Mme Fortin.

Les élèves pourront aussi écrire des mots et des pensées positives sur une murale.

L'activité se veut un petit clin d'oeil à Maude Carrier qui avait l'habitude d'accrocher sur une corde à linge des pensées positives dans sa classe.

Un deuil transformé en journée positive

L'idée de cette journée à l'école Cardinal-Roy est de transformer une épreuve en quelque chose de positif. « On ne veut pas placarder un souvenir de Maude Carrier », affirme Élisabeth Fortin.

« Qu'est-ce qui en reste, qu'est-ce qu'on a fait de beau avec quelque chose d'aussi laid, d'aussi affreux ? », se questionne-t-elle.

Elle ne cache pas que les premiers jours suivants la tragédie ont été très difficiles à l'école. « On a vécu les événements de façon assez intense, dans un temps déterminé, de façon assez intime, après ça les gens ont voulu aller de l'avant », se souvient-elle.

Elle nous a dit osez rêver, réalisez vos rêves, c'était positif, ça été aidant et inspirant.

Élisabeth Fortin, directrice de l'école Cardinal-Roy

La direction a aussi créé le prix Carrier-Chabot pour souligner l'engagement communautaire. Il sera aussi remis cette année à deux élèves qui se sont démarqués.

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