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Quelle place pour les femmes dans le milieu culturel québécois?

Les allégations d'inconduite sexuelle, d'abus de pouvoir et de harcèlement se multiplient dans le milieu culturel québécois. « Où il y a plus de pouvoir, il y a moins de femmes », déplore l'enseignante et comédienne Marie-Ginette Guay, qui admet que la place des femmes dans l'industrie préoccupe ses étudiantes.

Après Éric Salvail, Gilbert Rozon, Gilles Parent, et maintenant le réalisateur Sylvain Archambault, visés par des allégations d’inconduite sexuelle ou de harcèlement, une question se pose : quel climat règle-t-il sur les plateaux de tournage et sur la scène théâtrale?

Marie-Ginette Guay, qui enseigne au Conservatoire dramatique de Québec, admet qu’il faut réfléchir, discuter avec les étudiants, et aussi ouvrir un dialogue dans le milieu artistique.

Même si les allégations d’inconduite sexuelle font les manchettes depuis quelques semaines au Québec, c'est surtout la place des femmes et les contraintes auxquelles elles font face qui inquiètent ses étudiantes.

« C’est quelque chose qui préoccupe beaucoup les jeunes femmes qui vont sortir des écoles de théâtre », déplore-t-elle.

Elle rappelle les résultats d’une étude publiée en septembre, par le groupe Femmes pour l’équité en théâtre (FET), qui indiquaient que les femmes ont plus de difficultés que les hommes à décrocher un poste d'auteur et de metteur en scène.

Selon les données colligées, de 2012 à 2017, 20 % à 30 % de femmes ont occupé ces fonctions sur les plateaux de Montréal et Québec.

Marie-Ginette Guay ajoute également « qu'il y a plus de rôles masculins que de rôles féminins » au théâtre.

La force du nombre

La comédienne croit que de moins en moins de victimes décident de rester dans l'ombre. « Le poids du nombre fait en sorte que ça allège peut-être la responsabilité, et ça donnent plus le courage d’en parler », dit-elle.

« Quand il y a du pouvoir des fois, la tentation d’en abuser arrive avec, pour certaines personnes. C’est sûr que ces choses-là, ça se fait discrètement », déplore Marie-Ginette Guay.

L'enseignante garde espoir. Elle croit que la nouvelle génération apportera des changements. « Je pense qu’ils vont brasser la cage et qu'ils vont faire quelque chose d’intéressant pour nous, pour eux », conclut-elle.

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