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Radicalisation sur Internet : quelle est la responsabilité des fournisseurs?

L'Internet et les réseaux sociaux comme agents de radicalisation des jeunes ont été au cœur des discussions dans le cadre de la conférence Québec-Unesco Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble. Que ce soit par la diffusion de discours haineux ou le recrutement sur les réseaux sociaux, plusieurs se questionnent sur la nécessiter de restreindre l'accès à certains contenus. Devant ce nouvel enjeu numérique, quel est le rôle des fournisseurs? Voici l'avis de trois intervenants présents à Québec.

D'après les informations de Pascale Lacombe

Ross LaJeunesse, responsable mondial de la liberté d'expression et des relations internationales, Google Inc.

Google interdit certains sites Internet lorsque la réglementation d'un pays l'exige. Toutefois, ce n'est pas l'approche privilégiée par la multinationale pour faire taire les discours haineux. Ross LaJeunesse, qui représentait Google lors de la conférence, explique que le moteur de recherche mise plutôt sur le contre-discours.

« Lorsqu'un internaute écrit un mot clé qui nous indique qu'il recherche un contenu radical, nous lui présentons une publicité dont le contenu contredit ce qu'il recherche [traduction] », explique-t-il.

Google finance et offre de la formation à d'anciens membres de groupes radicaux pour qu'ils produisent les publicités. Cette initiative en place depuis 3 ans et demi cible aussi les discours raciaux ou homophobes.

« Interdire un site Internet ne fonctionne pas parce que le jour suivant, deux ou trois autres vont être créés, précise M. LaJeunesse. Nous ne changeons pas le cœur et la pensée de quelqu'un en les taisant. Nous voulons plutôt saisir cette opportunité pour engager le dialogue ».

Le chercher Marc Hecker, qui concentre ses recherches sur le discours djihadiste de Daech, croit que l'approche du contre-discours de Google est nécessaire, mais n'est pas suffisant. « Il faut une approche globale plus large pour contrer le discours djihadiste sur Internet. »

En plus d'utiliser le discours alternatif, il faut selon lui supprimer carrément certains sites véhiculant du contenu illégal comme des exécutions. « En France, il y a du déréférencement qui, du coup, vise les moteurs de recherche. Sinon, il y a des blocages aussi plus larges qui sont appliqués soit à des sites web ou à des réseaux sociaux. »

Il ajoute qu'il est également essentiel d'infiltrer ces groupes sur Internet pour comprendre leur fonctionnement et récolter de l'information pour les traduire en justice.

Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie

La ministre Christine St-Pierre juge pour sa part qu'il est très difficile de limiter le contenu qui se trouve sur Internet. Elle croit tout de même que les fournisseurs ont une responsabilité lorsque des sites incitent à la haine et la violence.

« S'ils sont capables de voir que vous êtes un excellent consommateur de chaussures, ils sont peut-être capables d'aller chercher autre chose qui est plus grave que ça. »

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