Inspiré par Kyle Busch, Raphaël Lessard fait son chemin aux États-Unis. À 16 ans, le jeune Québécois a remporté dimanche sa première course avec l'équipe du célèbre pilote américain, à Bristol, au Tennessee.

Un texte de Jean-François Poirier

« La glace est cassée », affirme Lessard recruté pa Kyle Busch Motorsport en début de saison pour conduire une voiture inscrite dans le championnat de la catégorie Super Late Models.

L'épreuve de Bristol était sa septième course de la saison.

« On est passé proche souvent, mais cette fois-ci, on a enfin réussi à assembler tous les morceaux du casse-tête. »

Lessard a adopté une stratégie qui lui a été profitable.

« J'étais 4e au départ et j'ai vite grimpé à la première place. Au 33e des 100 tours, j'ai cédé le 1er rang pour "ménager" mes pneus. J'ai repris la tête avec une vingtaine de tours. Cette victoire fait du bien puisque l'an passé, sur cette même piste, j'avais qualifié ma voiture au premier rang avant de vivre une mauvaise course. »

Suite logique

Raphaël Lessard a entamé sa carrière américaine en 2015 avec l'équipe de David Gilliland, un ex-pilote professionnel de la série NASCAR. À l'époque, le jeune Beauceron n'avait que 13 ans et arrivait à peine à s'exprimer en anglais.

Depuis, Lessard a suffisamment épaté la galerie pour être admis au sein du programme de développement Toyota qui forme la prochaine génération de pilotes sur les circuits ovales aux États-Unis.

Son transfert avec l'équipe de Kyle Bush lui a entre autres permis de vivre une rencontre mémorable de deux jours avec l'illustre pilote du Nevada, déjà vainqueur de près de 200 courses de calibre relevé.

Le ton enjoué employé par Raphaël Lessard ne laissait planer aucun doute sur sa satisfaction après cette expérience en piste survenue en Alabama avant la deuxième épreuve de la saison.

« Il est vraiment bon. Ce n'est pas pour rien qu'il est l'un des meilleurs pilotes, sinon le meilleur. Il avait son auto et j'avais la mienne. J'ai réussi à rouler aussi vite que lui et ça l'a fait sourire. Je me suis dit : "ouf, je suis dans la game". Je n'en croyais pas mes yeux. »

Raphaël Lessard espère gravir les échelons et conduire un jour une camionnette de l'équipe de Kyle Busch en NASCAR Truck Series.

À 16 ans, il est bien sûr trop jeune pour disputer une saison entière à ce niveau sur de plus longs circuits. Mais l'expérience acquise, dès le début de son adolescence aux États-Unis, pourrait lui ouvrir des portes.

Mais en course automobile, il n'y a pas que le talent. Sans argent, l'espoir de courir contre les meilleurs pilotes est un rêve quasi impossible.

« Ce sport-là est tellement dispendieux. Mes parents ne peuvent pas tout payer. Une société en commandite de gens du Québec me vient en aide. Sans eux, je ne pourrais pas courir. Je suis très reconnaissant. »

Histoires de « poussettes »

La course automobile sur circuit ovale est aussi un terrain propice aux contacts qui sont parfois à la limite de la légalité. Ainsi, les pilotes ont tendance à se permettre de « petites poussettes » afin de faciliter les dépassements.

Juste avant sa victoire à Bristol, Raphaël Lessard s'est d'ailleurs retrouvé au coeur d'une dispute qui a valu une suspension à son rival Brandon Setzer.

« Il a été suspendu pour le reste de la saison. Entre hommes, on peut juste se parler. Pas besoin de se battre... »

Une bataille pour la première place a été à l'origine de ce brouhaha au circuit de Hickory en Caroline du Nord, le 6 mai dernier

Au terme de la course, après deux incidents en piste, Setzer a quitté sa voiture en courant, puis foncé tout droit vers les équipiers de Lessard dans les puits. Une bousculade éclata aussitôt pendant que le jeune pilote demeurait assis dans sa voiture à la demande de ses partenaires.

Lessard, qui occupait la première place à un tour de l'arrivée, avait été volontairement frappé par l'arrière par Setzer. Au volant d'une voiture déstabilisée, Lessard avait aussitôt reculé en deuxième place. Mais avant le dernier virage, le pilote québécois a répliqué à son opposant en le frappant à son tour par derrière, ce qui provoqua le dérapage de Setzer.

« Je l'ai frappé plus fort que je ne le voulais parce qu'il a ralenti pour protéger la ligne intérieure. Je voulais lui faire la même chose. On n'a pas le choix de se défendre. J'ai écopé d'un carton jaune et j'ai terminé au 12e rang. Lui, il a pété sa coche... »

Décidemment, Raphaël Lessard apprend son métier à la dure.

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