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Récupération de la viande : Moisson Beauce à bout de souffle

Une soixantaine d'organismes d'aide alimentaire en Chaudière-Appalaches pourraient être privés de viande si Moisson Beauce n'obtient pas de financement supplémentaire d'ici la fin de l'été.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

La banque alimentaire peine à répondre aux exigences contenues dans l’entente de récupération des denrées dans les supermarchés conclue avec les bannières Metro et Loblaws.

En Chaudière-Appalaches, ce partenariat permet depuis juin de distribuer de la viande à 64 organismes communautaires, mais Moisson Beauce doit assumer d'importants frais de transport.

L'organisme doit obligatoirement parcourir le territoire de Chaudière-Appalaches pour récupérer la viande de 17 supermarchés. « Les frais de camions, pour nous, c’est 50 000 $ par année seulement en frais d’essence », illustre la directrice générale, Nicole Jacques.

Moisson Beauce estime avoir besoin d’une aide financière d’environ 60 000 $ pour maintenir la cadence.

Nicole Jacques s'inquiète pour l'avenir du programme alors que le financement actuel doit prendre fin en septembre et que l'entente n'a toujours pas été renouvelée.

« On a un petit peu dépassé la ligne rouge parce que le projet qui nous permet d'assumer ce que l'on fait présentement se termine au mois de septembre et on ne sait pas d'où viendra l'argent pour le faire par la suite », précise Mme Jacques.

Moisson Beauce récupère des dons de denrées périssables depuis 1994, mais de la viande depuis 2015. En un an, la quantité de nourriture distribuée est passée de 528 à 686 tonnes. « Ça fait une très grande différence pour les gens qui sont plus défavorisés. »

Demande urgente

À compter de septembre, Moisson Beauce ne pourra plus profiter du financement obtenu par le Fonds québécois d’initiatives sociales puisque celui-ci prend fin. « On ne sait pas d'où viendra l'argent par la suite », s’inquiète Nicole Jacques.

La banque alimentaire a donc les yeux rivés sur le Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) annoncé cet hiver par le gouvernement du Québec.

Selon les estimations, la région de Chaudière-Appalaches pourrait obtenir près de 2 millions de dollars pour concrétiser des projets locaux.

« Ça doit être des projets qui couvrent plusieurs MRC. Ce qui est notre cas avec 8 sur 10 », mentionne la directrice générale de Moisson Beauce.

Programme critiqué

Le président de la Table régionale des élus municipaux de Chaudière-Appalaches (TREMCA), Hervé Blais, se demande toutefois si l’argent obtenu par le FARR sera perçu comme « l’argent des régions ou comme l’argent du gouvernement ».

M. Blais s’inquiète que l’argent soit administré par un comité consultatif, composé entre autres de ministres et de députés régionaux, plutôt que par les élus municipaux.

« Si c’est de l’argent gouvernemental, il faudra que les MRC fassent une mise de fonds et il faudra prendre cet argent sur nos propres budgets », dénonce Hervé Blais.

Advenant ce scénario, M. Blais n’est pas en mesure de garantir que Moisson Beauce puisse bénéficier du financement puisque la demande devra être approuvée par l’ensemble des MRC du territoire.

Le ministère des Affaires municipales devrait apporter des précisions au FARR au début du mois de juillet.

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