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Réfugiés syriens : aucun compromis sur la sécurité, dit la ministre Weil

La ministre québécoise de l'Immigration estime que ce « n'est pas réaliste » d'accueillir d'ici la fin de l'année les quelque 5700 réfugiés syriens attendus au Québec. Trois jours après les attentats de Paris, Kathleen Weil affirme que les Québécois entretiennent des « inquiétudes légitimes », mais tient a assurer qu'« aucun compromis » ne sera fait concernant la sécurité.

« Pour être franche, je ne pense pas que ce soit possible d'ici la fin de l'année », a souligné la ministre lors d'un point de presse qui visait à faire le point sur l'avancement des préparatifs d'accueil des réfugiés, évoquant à la fois des questions de sécurité mais aussi les longueurs inhérentes au processus administratif.

« Le Québec adoptera un rythme d'accueil qui sera compatible avec les impératifs de sécurité », a promis la ministre, qui martèle que la sécurité a préséance sur les échéanciers.

La ministre souligne qu'elle attend de voir le plan du fédéral, mais elle affirme avoir obtenu l'assurance de son homologue fédéral, John McCallum, que toutes les mesures nécessaires sont prises pour assurer la sécurité des Canadiens, reconnaissant néanmoins avoir peu d'emprise sur les vérifications, qui relèvent d'organismes fédéraux. 

La ministre a expliqué que les expertises sont effectuées par le Service canadien du renseignement de sécurité, notamment, directement dans les camps de réfugiés. Chaque personne est soumise à une enquête en matière de criminalité et de terrorisme ainsi qu'à des vérifications de santé.

« Ils [les organismes fédéraux] ont les compétences, ils ont les moyens, ils ont le réseau international que le Québec n'a pas », expose-t-elle pour expliquer pourquoi le Québec ne réalise pas lui-même ces examens.

En entrevue à 24/60, Mme Weil a également fait valoir qu'une première vérification était faite dans les camps de réfugiés par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies.

La ministre insiste sur le fait que les Syriens qui attendent présentement de venir au Canada sont des personnes en situation de grande détresse. « Ce sont des gens qui sont dans une vulnérabilité extrême. »

À l'instar de la ministre, Philippe Couillard a tenu lui aussi à souligner lundi qu'il n'y aura pas de concession sur les questions de sécurité, mais il ne veut pas que cet enjeu devienne « un alibi ou une justification » pour fermer la porte à l'immigration.

2400 dossiers presque complétés

Les attentats de Paris n'ont pas ralenti le processus. D'ici le 18 décembre, la ministre affirme que le Québec aura complété le traitement des dossiers de 2400 réfugiés. Les demandes d'accueil de ces personnes sont déjà étudiées au Bureau canadien des visas de Beyrouth, précise-t-elle.

Des équipes sont déjà à pied d'oeuvre sur le terrain, dit-elle, pour préparer l'accueil des nouveaux arrivants. Un comité opérationnel réunissant des représentants de sept ministères est en place et se réunit trois fois par semaine.

Le gouvernement a identifié 13 villes au Québec qui ont la capacité et les infrastructures de logement, d'éducation et de santé nécessaires pour accueillir les réfugiés.

La ministre reconnaît que de nombreux détails doivent encore être précisés, dont les investissements supplémentaires nécessaires de la part d'Ottawa.

En septembre, Québec se disait prêt à accueillir 3650 réfugiés. Le nombre de 5700 établi pour le Québec est calculé en fonction du poids démographique de la province, qui représente 23 % du Canada. Le gouvernement Trudeau s'est engagé à accueillir 25 000 Syriens au pays d'ici la fin de l'année.

Pour voir la carte des villes d'accueil sur votre appareil mobile, cliquez ici.

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