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Régis Labeaume peut-il dormir tranquille à quatre mois de l'élection municipale?

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a profité de sa dernière journée de travail avant les vacances pour visiter le navire italien Amerigo Vespucci dans le port. Des vacances qui n'en seront pas vraiment cette année, campagne électorale oblige.

Une analyse de Louise Boisvert

Régis Labeaume a encore la cote auprès des gens de Québec. En arrivant dans le port jeudi, il a été chaleureusement accueilli par la foule qui faisait la queue pour visiter l'Amerigo Vespucci. Il en a profité pour serrer quelques mains et commenter l'actualité.

Fier de son bilan, le maire Labeaume semble bien en selle à quelques semaines du déclenchement des élections municipales. « Je n'aurai plus beaucoup de dossiers à régler, à part le transport collectif, mais cela est un peu spécial ».

La campagne sera lancée le 22 septembre, mais les candidats, tous partis confondus, profiteront de la belle saison pour aller à la rencontre des électeurs. Régis Labeaume aussi. Cet été, il restera à Québec.

« C'est beaucoup trop long », reconnaît le maire en parlant de la campagne électorale qui a déjà commencé officieusement.

L'agenda de Régis Labeaume sera allégé, particulièrement le matin, pour ralentir le rythme. « Pourvu que je dorme le matin, je suis correct », dit-il en riant.

Une campagne sans projet de transport collectif

S'il est vrai que la maire a réussi à obtenir plus d'autonomie pour sa ville avec l'adoption à l'Assemblée nationale des projets de loi 109 et 122, il reste que les derniers mois auront surtout été marqués par un échec dans le dossier du transport en commun.

L'abandon du Service rapide par bus (SRB) et la tenue in extremis de consultations publiques auront certes réussi à calmer la grogne populaire, mais ce changement de programme a très certainement eu un impact pour la suite des choses.

Régis Labeaume affirme depuis des mois que la campagne électorale se fera autour du thème de la qualité de vie. Le SRB faisait partie de l'équation.

Il laisse entendre que l'eau sera un enjeu de la prochaine campagne. Mais est-ce que ce sera suffisamment rassembleur?

Démocratie Québec : une lune de miel de courte durée

L'élection de novembre sera le premier test pour la nouvelle chef de Démocratie Québec. L'automne dernier, Anne Guérette a causé la surprise en remportant la course à la direction du parti devant son rival, l'avocat François Marchand. Une victoire au goût amer pour plusieurs. Le changement de garde a entraîné une série de départs au cabinet de l'opposition. Le conseiller Yvon Bussières aura été le premier à quitter le bateau.

Politicienne tenace, Anne Guérette est aussi cohérente. Son parti est le parti de la démocratie. Un programme a été présenté en mai, débattu et adopté par les membres.

Mais cette lancée ne s'est pas poursuivie. Démocratie Québec devait dévoiler ses 21 candidats en 3 vagues de 7 candidats. Le parti a respecté son engagement une première fois en avril, mais il a repoussé l'échéancier pour présenter la deuxième vague. Seuls quatre candidats ont été confirmés à ce moment-là. Le recrutement ne va pas au rythme souhaité.

Démocratie Québec aura réussi quelques bons coups dans les derniers mois, notamment en révélant les coûts réels du Centre Vidétron pour les contribuables de Québec. Cette sortie a forcé l'administration Labeaume à apporter des précisions.

C'était toutefois une exception : bien souvent, les interventions de l'opposition tombent à plat. C'est un parti qui se cherche, qui manque parfois de flair et souvent d'opportunisme.

Québec 21 : un faux départ

C'est la surprise du printemps. Le parti de Jean-François Gosselin, Québec 21, est le nouveau venu sur la scène municipale.

Il s'agit d'une formation qui vient matérialiser un discours entendu dans les radios privées de Québec depuis des mois. Il prend le parti des automobilistes et des contribuables qui paient trop de taxes, selon eux.

Le projet est encore jeune. Quelques candidats ont été annoncés. C'est surtout le désistement du fondateur du parti, Frédérick Têtu, que l'on retient. Il a dû céder sa place dans le district Loretteville-Les Châtels après avoir tenu des propos incohérents sur les ondes de CHOI FM.

Dormir tranquille

À la lumière des difficultés de ses adversaires, le maire Labeaume pourrait profiter de ses matinées l'esprit tranquille, cet été. Mais, la décision de la conseillère Julie Lemieux de ne pas se présenter à nouveau occupera sans doute ses pensées. Il faudra la remplacer.

Et puis, Régis Labeaume ne tient rien pour acquis. Il a compris depuis longtemps qu'il ne vaut mieux pas sous-estimer ses adversaires. Il a l'habitude de les ignorer publiquement, mais en coulisses, il travaille très fort avec son équipe pour ne pas perdre de terrain.

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