Retour

Réseau structutrant : bon projet, mais perfectible

Les citoyens de Québec se sont exprimés. Quatre fois plutôt qu'une sur le projet de réseau structurant de transport en commun (RSTC) lors des consultations publiques la semaine dernière. Plusieurs fois félicité, le projet ne répond cependant pas à tous les besoins. Les citoyens ont été nuancés, parfois critiques, mais surtout ils ont démontré que le statu quo n'est pas une option.

Une analyse de Louise Boisvert

La consultation s'est déroulée en quatre temps. Un exercice hautement couru à un point tel que la ville annonce une autre séance mercredi. Pas étonnant.

Toutes les activités organisées par la Ville dans la dernière année, les consultations publiques, le sommet sur la mobilité ou le questionnaire sur les habitudes de déplacements des citoyens, ont mobilisé des milliers de personnes.

« On n'est plus dans le quoi on est dans le comment » se réjouissait, jeudi, le maire Régis Labeaume après la présentation de la première séance de consultation .

Le « comment » c'est de savoir pour le citoyen si le projet va avoir une incidence positive sur ses déplacements.

Savoir s'adapter

À ce chapitre, la Ville a probablement failli à la tâche. Elle n'a pas su adapter son discours aux différentes clientèles du centre-ville ou de la banlieue.

Il aurait été pertinent que l'on s'attarde moins au projet dans son ensemble et que l'on donne des exemples plus concrets.

« Le bon moyen [de transport] au bon endroit » a répété Benoît Carrier, chef de projet du Bureau d'étude du RSTC, pour tenter de calmer le jeu.

Si le tramway et le trambus ne desservent pas l'arrondissement de la Haute-Saint-Charles, ce sont les autobus qui prendront le relais.

Leur mise en service va permettre de retirer des autobus des circuits les plus achalandés de la ville pour les rediriger vers les banlieues.

Pour l'instant, cela reste théorique si bien que les citoyens de la Haute-Saint-Charles se voient comme les oubliés du réseau structurant.

« Val-Bélair n'est pas sur la carte, on est dans les pays d'en haut » s'est offusqué Francine Dion, membre du conseil de quartier de Val-Bélair, pour souligner l'absence de service.

« Quand on regarde le plan, ça donne quasiment le goût de prendre notre auto et se rendre à Cap-Rouge pour prendre le tramway là » a ajouté Éric Pelletier.

Le « comment » a manqué cruellement dans la Haute Saint-Charles.

Québec 21 isolé ?

Ce qui est remarquable, c'est le ton avec lequel les consultations se sont déroulées. Personne n'a déchiré sa chemise.

Au contraire, les échanges sont demeurés respectueux, constructifs et instructifs. Clairement, l'objectif était de bonifier le projet proposé, pas de le mettre aux poubelles.

Bien sûr, les gens qui participent à ce genre d'exercice sont intéressés par le sujet. Ils cherchent une alternative à la voiture.

Le chef de l'opposition officielle à la Ville de Québec persiste et signe. Jean-François Gosselin, qui a assisté à toutes les séances, réclame toujours un référendum.

Mais son discours n'a pas trouvé écho auprès des participants.

Dévoilé il y a à peine trois semaines, c'était le premier vrai test pour le projet du maire de Québec. C'est un bon départ dans l'ensemble.

Il y en aura d'autres tests d'ici la première pelletée de terre. Tout n'est pas encore gagné pour Régis Labeaume.

Plus d'articles