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Retour d'IKEA après 20 ans : un contexte différent

Le retour d'un magasin grande surface IKEA plus de 20 ans après sa fermeture à Québec est vue d'un bon œil par l'ancien directeur général du magasin de la capitale, qui souligne que le commerce s'implantera dans un contexte différent.

Marcel Bérubé, président de Groupe Perspective et ancien directeur général du magasin IKEA à Québec durant 5 ans avant la fermeture, croit que le contexte économique est favorable à l'arrivée du géant suédois.

« La popularité du commerce, ça a changé énormément sur les 20 ans, c'est sûr que la population a changé, l'économie est de loin supérieure, et à l'époque, ce qui avait coulé aussi le commerce de détail au niveau du meuble, c'était la taxe. Le gouvernement avait mis une taxe sur le meuble et ça avait fait plonger le chiffre d'affaires », dit-il.

En 1996, le faible volume d'affaires du magasin situé dans le secteur Lebourgneuf avait précipité la fermeture et entraîné la perte de dizaines emplois.

M. Bérubé se réjouit de l'arrivée de nouveaux emplois dans la région. « C'est une excellente nouvelle. Ça va créer énormément d'emplois. À l'époque, c'était à peu près 65 emplois permanents que les gens avaient perdus et là, on va en créer 400 temporaires et permanents, c'est énorme, c'est un bon coup », dit-il.

M. Bérubé croit cependant que l'arrivée d'IKEA, spécialisé dans la conception et la vente de détail de meubles et objets de décoration, aura un impact sur les autres commerces dans la région.

« Ça va avoir un impact sur les marchés locaux, les boutiques de décoration, les compagnies de meubles aussi. [...] Pour les locaux, ça peut être un coup assez violent. C'est une notoriété IKEA, c'est mondial, c'est très connu et c'est une entreprise qui est très solide ».

La clientèle au rendez-vous?

À savoir si la population sera au rendez-vous pour assurer la survie à long terme du commerce à Québec, Marcel Bérubé croit que l'engouement est là, mais il émet un bémol quant au vieillissement de la population.

« Il ne faut jamais oublier que la région de Québec est la ville la plus vieille en Amérique du Nord avec une moyenne d'âge de 44 ans. Ça, c'est un peu inquiétant pour moi, ça veut dire qu'il y a beaucoup plus de gens qui pensent à la retraite et quand tu approches la retraite, les chances de changer de meubles sont moins grandes », soulève-t-il.

De son côté, Frank Pons, professeur au département de marketing de l'Université Laval, croit que l'âge n'est pas forcément un facteur. « Si vous allez à IKEA, il n'y a pas forcément des jeunes, il y a des couples des personnes âgées, on a toute la gamme d'âges. C'est plus un style de vie, des gens qui aiment changer de meubles ou d'environnement assez souvent. »

Frank Pons croit par ailleurs que l'implantation du commerce attirera des travailleurs et créera une compétition pour la main-d'oeuvre avec les autres commerces. « Il va y avoir de la compétition pour les meilleures personnes. À mon avis, c'est tous bénéfices, peut-être des salaires un peu plus avantageux peut-être, des conditions plus avantageuses ou peut-être de la main-d'œuvre qui va venir s'installer à Québec. »

Le magasin grande surface d'IKEA ouvrira ses portes à l'été 2018 dans le secteur de Sainte-Foy.

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