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Retour des Nordiques : l'attente est coûteuse pour la Ville de Québec

La décision de la Ligue nationale de hockey de ne pas accorder de franchise à Québec pourrait avoir un impact financier important pour la Ville. Chaque match de hockey professionnel qui ne se dispute pas au Centre Vidéotron représente des pertes importantes.

Un texte de Nicolas Vigneault

Selon l'entente conclue avec Québecor (QMI) sur la gestion de l'amphithéâtre, une redevance équivalente à 10 % du prix des billets vendus lors d'événement est versée à Québec. Ce montant peut représenter jusqu'à 4 $ pour les 5 premières années du contrat, et 5 $ pour les années subséquentes.

Selon des données compilées par ESPN en se basant sur la saison 2013, le prix moyen des billets pour un match de la LNH se situe à 61 $. En tenant compte d'une foule moyenne de 15 000 partisans par match pour une saison de 41 parties à domicile, les revenus qui n'entrent pas dans les coffres de la Ville en raison de l'absence d'un club sont estimés à environ 2,5 millions de dollars par année.

« Les événements comme le hockey sont des événements de premier plan, donc les billets sont beaucoup plus chers. Ce qui veut dire que quand vous avez un pourcentage des billets, vous faites beaucoup plus d'argent », précise un spécialiste en marketing et professeur à l'Université Laval, Frank Pons.

Les Remparts et le Tournoi pee-wee

Actuellement, le Tournoi international de hockey pee-wee et les Remparts de Québec sont les événements qui attirent le plus grand nombre de spectateurs au Centre Vidéotron, avec des foules respectives de 236 000 et 430 000 personnes. Cela représente un total de 666 000 spectateurs sur le million de visiteurs qui ont franchi les tourniquets de l'amphithéâtre depuis son ouverture.

Le prix des billets pour ces événements est toutefois beaucoup moins élevé que ceux vendus lors d'un spectacle ou d'un match de la LNH.

De plus, la Ville ne reçoit aucune redevance des billets vendus lors des matchs des Remparts. « La Ville ne s'est pas fait avoir, la Ville a pris un risque », analyse M. Pons.

Droit de nommer l'amphithéâtre

Toujours selon le contrat en vigueur depuis l'inauguration du Centre Vidéotron, l'entreprise doit verser 30,5 millions de dollars à la Ville pour avoir le droit de nommer l'édifice, si elle obtient une équipe de la LNH dans les cinq premières années d'application du contrat de gestion. Toutefois, ce montant diminue de façon significative si la franchise s'établit à Québec après cette période.

Le droit d'identification sera alors réduit en calculant le nombre de mois écoulés à partir de la remise de l'amphithéâtre à Québecor le 12 septembre 2015, et la première partie de la saison régulière de la nouvelle équipe. À titre d'exemple, le contrat stipule que « si la première partie de la saison régulière de la franchise dans l'amphithéâtre se déroule en septembre 2020, la contrepartie additionnelle LNH sera réduite de 6,1 millions de dollars. »

Concrètement, cela voudrait dire que le Ville obtiendrait 24,4 millions de dollars plutôt que 30,5 millions de dollars si les Nordiques étaient revenus à Québec pour la saison 2017-2018, comme ce sera le cas à Las Vegas.

« Pourquoi je vous paierais le même montant si je suis visible moins longtemps? », analyse le spécialiste en marketing Frank Pons, nullement surpris par cette clause.

Le loyer annuel

Dans le cas du loyer payé par QMI à la Ville, il est semblable avec ou sans équipe de la LNH. Une seule nuance apparaît au contrat, soit l'obligation pour la Ville de rembourser 50 % des déficits d'opération du gestionnaire de l'amphithéâtre jusqu'à concurrence du loyer annuel.

Pour l'année 2015, la Ville a d'ailleurs dû rembourser à Québecor la totalité de son loyer pour les quatre premiers mois d'opération de l'amphithéâtre, soit 729 000 $ pour éponger une partie du déficit de QMI spectacles qui est le gestionnaire du Centre Vidéotron.

Concrètement, cela veut dire que le déficit du gestionnaire est d'au moins 1,4 million de dollars puisque le contrat prévoit le remboursement de 50 % du manque à gagner.

Le déficit pourrait toutefois être plus important puisque le montant remboursé par la Ville ne dépassera jamais le loyer. Il est toutefois impossible de confirmer le montant exact des pertes, puisque cette information détenue par Québecor est confidentielle pour des raisons de concurrence.

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