La mémoire est au coeur de la plus récente création de Robert Lepage, 887. La pièce s'articule autour des souvenirs d'enfance de l'artiste et met de l'avant la figure du père. Point de départ de son récit, le 887 rue Murray, dans le quartier Montcalm. Un lieu représenté grâce à une maquette grandeur nature qui occupe une place centrale dans le déroulement de la pièce. Robert Lepage a accepté de nous parler de cette fameuse maquette... et de bien d'autres choses.

Un texte de Anne-Josée Cameron

« Quand j'ai fait faire la maquette, parce que c'est vraiment hyperréaliste, j'ai découvert plein de détails, raconte Robert Lepage. Tu vois, il y a une fleur de lys, ce n'est pas moi qui ai rajouté ça. Et j'ai remarqué que tout ce qui était fer forgé était effectivement des fleurs de lys. Donc c'est dire que le building attendait juste de parler de l'histoire du Québec. »

Chez Robert Lepage le langage visuel est riche, essentiel au projet artistique, car il vient étoffer le texte. « Un texte au théâtre, il faut que ça aille au-delà de la lecture et de la livraison. Souvent, il y a des textes qui demandent à être entourés, pas juste à être décorés, à être supportés par un décor, des objets, des accessoires, par de nouvelles technologies qui dans le fond ne sont rien d'autre que des nouveaux pots de peinture », image l'artiste.

L'homme de théâtre s'inspire donc de toutes les formes d'art, donnant ainsi l'illusion d'abolir les frontières entre les pratiques. Cet univers si particulier, si riche visuellement ne serait pas possible sans le concours de créateurs que Robert Lepage a réunis autour de lui en fondant EX Machina.

En effet, après la réalisation de ses prototypes de travail, il n'est pas rare que Lepage parte en tournée plusieurs semaines. À son retour, ses collaborateurs ont fait avancer le processus en travaillant sans relâche, ce qui permet alors au créateur de prendre le relais et de poursuivre la création.

La maquette de l'immeuble, vue ces jours-ci sur la scène du Trident, est la troisième version de ce qui au départ ressemblait à une grosse boîte de frigidaire.

S'entretenir avec Robert Lepage au sujet de 887 n'altère en rien la magie du spectacle, au contraire. On reste sur sa faim sachant très bien que tout est loin d'être révélé, que le metteur en scène ne nous a dévoilé que ce qu'il faut pour garder notre curiosité éveillée.

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