Au tournant des années 1980, Bernard Vermette a tracé la voie à toute une génération de cyclistes en participant aux balbutiements du vélo de montagne en Amérique du Nord. Trente ans plus tard, c’est au tour de sa fille Roxane d’emprunter cette même voie.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Les Vermette habitent à Saint-Ferréol-les-Neiges. Quelques coups de pédales seulement séparent la maison familiale des sentiers de vélo de montagne du Mont-Ste-Anne.

Bernard et sa fille Roxane y roulent régulièrement ensemble. « J’ai un partenaire d’entraînement à la maison qui est toujours disponible et qui a de l’expérience », s’amuse Roxane.

« C’est devenu de plus en plus du soutien moral, la fille commence à dépasser le père, précise Bernard. C’est dur un peu pour l'orgueil », avoue le paternel aujourd’hui âgé de 53 ans.

Depuis quelques étés, Roxane Vermette va plus vite que son père, et que toutes les autres cyclistes de son âge au pays. Meilleure junior au Canada, la jeune femme aujourd'hui âgée de 17 ans s’est classée 16e lors des championnats du monde juniors en Australie en 2017.

« Je suis fier de tout ce qu’elle a accompli jusqu’à maintenant, commente Bernard. C’est excitant. Aux championnats du monde en Australie, j’étais plus nerveux que si j’avais fait la course moi-même. »

Véritable pionnier

À une certaine époque, Bernard Vermette a lui aussi porté le maillot de champion canadien de vélo de montagne. Même que, jusqu’à tout récemment, sa 9e position acquise en 1992 à Hunter Mountain aux États-Unis représentait toujours la meilleure performance d’un Québécois en coupe du monde.

Au-delà des résultats, Bernard Vermette a été un pionnier de la discipline au Québec et même en Amérique du Nord.

« Tout était en développement à ce moment-là. Je participais aux compétitions à mesure que le circuit se développait », mentionne celui qui a pris part au tout premier Championnat du monde de la discipline à Durango au Colorado.

Il relate également avoir servi de cobaye pour développer de nouvelles pièces d’équipement pour la montagne, dont ce prototype de suspension avant qui avait clairement besoin d’être amélioré.

« Dans une descente, la suspension a cassé et sur l’impact, je suis passé par-dessus le vélo, se souvient-il. Je me suis réveillé 15 minutes plus tard dans l’ambulance avec une double fracture du crâne. J’ai passé une belle semaine au Colorado...à l'hôpital. »

Le goût pour la compétition

Bernard Vermette a abandonné les courses de haut niveau lorsque lui et sa conjointe Nathalie Ouimet ont fondé leur famille.

Mais, le goût pour la compétition est resté et les enfants en ont hérité. Une simple marche en famille après le souper pouvait se transformer en course chez les Vermette.

« Les jeunes se mettaient une ligne de départ et Nathalie et moi, on allait un peu plus loin et on traçait une ligne d’arrivée et Roxane et Hugo couraient un contre l’autre », se souvient Bernard.

Imaginez alors la scène lorsque les enfants ont découvert le plaisir sur deux roues. « Avec mon frère, on apprenait à faire du vélo et déjà on faisait des sprints sur 15 mètres, raconte Roxane. On partait faire des rides et c’était tout le temps qui pouvait monter la côte le plus vite. »

L’objectif premier a toujours été de jouer dehors et d’avoir du plaisir, mais quand vous habitez Saint-Ferréol-les-Neiges et que la famille Harvey, dont le père et le fils sont des légendes du ski de fond, habitent le même quartier, il est comme naturel de vouloir se surpasser.

Roxane Vermette se remémore les coupes du monde de vélo de montagne disputées dans son arrière-cour, au mont Sainte-Anne.

« Chaque année, je voyais Marie-Hélène Prémont et je voulais être Marie-Hélène Prémont sur le parcours. »

Un choix déchirant à faire

Comme son père, qui a été membre de l’équipe canadienne de ski de fond pendant des années, Roxane excelle aussi sur la neige.

Malheureusement, contrairement au paternel qui a mené en même temps les carrières de fondeur et de cycliste, Roxane devra faire un choix entre le ski de fond et le vélo de montagne.

« Dans le temps de mon père, je pense que ce n’était pas nécessaire, avance Roxane. Mais aujourd’hui, les sports sont devenus très spécialisés. Quand je fais deux sports, je n’arrive jamais aussi en forme et préparée en début de saison. »

« Ce sera sa décision, que ce soit un sport ou l’autre, elle a de beaux atouts dans les deux sports, estime Bernard. Mais, elle n’aura pas le choix si elle veut suivre le rythme de ses compétitrices. »

La décision sera difficile à prendre, mais Roxane sait qu’elle pourra compter sur l’appui de son père, peu importe le sport qu’elle choisira.

Le rêve olympique, de père en fille

Bernard Vermette n’a jamais réussi à se qualifier pour les Jeux olympiques. En ski de fond, il a raté de peu une participation aux Jeux d’Albertville en 1992. Et le vélo de montagne a été admis aux JO de 1996 à Atlanta...deux ans après sa retraite de la compétition.

Que ce soit en vélo de montagne ou en ski de fond, le rêve olympique appartient maintenant à Roxane.

« Ce serait merveilleux de la voir aux Olympiques, je serais très très fier, raconte Bernard. Mais le but premier, c’est qu’elle se réalise dans ce qu’elle fait et qu’elle apprenne de ça. Ce sont des valeurs qui vont la suivre tout au long de sa vie, comme elles m’ont servies moi. »

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