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RTC : la construction des stations tempérées ne repose sur aucun critère

La construction et l'emplacement des stations tempérées du Réseau de transport de la Capitale (RTC) ne reposent sur aucun critère, un manquement qui ne favorise pas la transparence, selon le vérificateur général de la Ville de Québec.

Un texte de Louis Gagné

Dans le cadre de la publication de son rapport annuel 2017, mardi, Michel Samson a présenté les résultats d’un audit particulier concernant la station tempérée aménagée en 2015 au coin de la 1re Avenue et de la 41e Rue Ouest, dans l’arrondissement de Charlesbourg.

Le vérificateur général conclut que les coûts de construction de 810 841 $ étaient justifiés et que le processus d’adjudication du contrat ainsi que la gestion des coûts du projet ont été réalisés « adéquatement ».

Michel Samson note toutefois l’absence de critères à respecter pour l’installation d’une station tempérée. Le RTC dispose d’une liste de critères, mais uniquement pour la construction des abribus. Le vérificateur général enjoint la société de transport à remédier à la situation.

« On a dit au RTC : "OK, vous avez des critères pour l'abribus, mais vous n'avez pas de critères pour la station tempérée, donc bonifiez votre guide pour qu’il y ait plus de transparence et que tout le monde sache maintenant à quoi s'en tenir lorsqu'on veut avoir une station tempérée" », a indiqué M. Samson en point de presse.

Trop cher, selon Québec 21

Même si le vérificateur général conclut que l’octroi du contrat pour la construction de la station tempérée a été fait dans les règles de l’art et que les coûts étaient justifiés, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, demeure convaincu qu’il s’agit d’une dépense exagérée.

« Ce que le vérificateur général a fait, c’est un audit de conformité. Nous, ce qu’on continue de demander, c’est un audit de performance pour trouver des solutions pour que ça coûte moins cher et qu’on puisse faire plusieurs abribus ou plusieurs stations tempérées au lieu d’en faire juste une pour 750 000 $ et plus », a réagi M. Gosselin.

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec avait fait une sortie virulente l’hiver dernier contre la construction de la station tempérée du RTC.

« Est-ce qu’on a besoin de se payer la Ferrari des abribus à Québec? Au lieu de faire un abribus, je voudrais que le RTC puisse en faire 10, 15, 20. Ça, ça augmenterait la qualité du service », avait-il déclaré.

Élément déclencheur

Le vérificateur général a expliqué que la décision d’effectuer une mission d’audit particulière sur la station tempérée du RTC avait été prise à la suite d’une information transmise à la Ligne de signalement fraude et inconduite.

La personne qui a fait le signalement jugeait le coût de construction de la station « beaucoup trop élevée » et s’interrogeait sur le processus d’appel d’offres suivi.

Michel Samson a précisé que rien ne l’obligeait à rendre public le contenu de son rapport. Il a toutefois préféré le partager en raison, notamment, des débats ayant entouré la pertinence des stations tempérées à l’hôtel de ville de Québec.

Avec la collaboration de Jonathan Lavoie

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