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Saint-Jérome entendant la trompette du jugement dernier, un tableau exceptionnel ?

Le tableau Saint-Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier suscite les passions ces jours-ci. Mais qu'a donc d'exceptionnelle cette toile que le Musée des Beaux-arts du Canada tente d'acquérir par tous les moyens au grand dam du Musée de la Civilisation et du Musée des beaux-arts de Montréal ?

Un texte d'Anne-Josée Cameron

L'oeuvre du peintre français Jacques-Louis David arrive au Canada dans les malles de Geneviève et Henriette Cramail, descendantes de l'artiste français Nicolas Mailand, qui en avait fait l'acquisition lors d'une vente publique.

Les soeurs Cramail offrent le tableau à la basilique Notre-Dame de Québec en 1922 à la suite de l'incendie qui a ravagé le lieu de culte.

La Fabrique de la paroisse Notre-Dame-de-Québec en est donc la propriétaire. Le Musée de la Civilisation, lui, en devient officiellement le dépositaire en 1995.

Une convention de dépot est alors signée, octroyant au Musée un droit de refus. Dans le cas où une offre d'achat serait par exemple déposée, le Musée aurait six mois pour faire une offre équivalente et ainsi acquérir le tableau de David.

Le Musée des beaux-arts du Canada ayant déposé une offre d'achat en décembre dernier, le Musée de la Civilisation a donc jusqu'à la mi-juin pour faire une offre.

Un tableau important

Un tableau de David, peu importe il est situé où sur la planète, est un tableau important parce que Jacques-Louis David est un des peintre les plus influents en Europe entre 1770 et 1825, explique le directeur du Musée de la Civilisation Stéphan Laroche.

Il a donc exercé une grande influence sur l'histoire de l'art et il était lui même inspiré par un autre très grand artiste italien, le Caravage.

Le Musée des beaux-arts du Canada possède pour sa part la seule autre toile du peintre au Canada. « Il s'agit d'une oeuvre de moindre importance », nuance Stephan Laroche.

Collaborer pour mieux acheter

Le Musée de la Civilisation s'est tourné vers le Musée des beaux-arts de Montréal, où est actuellement exposé le Saint-Jérôme de David, afin de voir si il y avait possibilité de travailler conjointement pour que le tableau de David demeure au Québec, révèle Stephan Laroche.

Les deux organismes ont conjointement déposé une demande de classement de l'oeuvre en vertu de la loi sur le patrimoine culturel du Québec, de façon à protéger le tableau d'une autre manière. C'est à dire que si le tableau était vendu à l'extérieur du Québec, le ministre de la Culture et des Communications du Québec pourrait intervenir pour que la toile reste ici.

Les deux musées québécois n'excluent cependant pas l'idée de faire une offre à trois avec le Musée des beaux-arts du Canada.

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