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Sainte-Brigitte-de-Laval s'entend avec deux employés congédiés

À l'occasion d'une séance du conseil municipal parfois houleuse, où la démission de la mairesse Wanita Daniele a été réclamée par certains citoyens, les élus de Sainte-Brigitte-de-Laval ont fait savoir, lundi soir, que la Ville s'était entendue avec deux employés qui avaient été congédiés en 2014 par l'administration municipale.

Devant près de 150 citoyens qui l'ont parfois chahuté pendant la soirée, la mairesse Wanita Daniele a fait savoir d'entrée de jeu que Sylvain Déry, qui était présent, avait été réintégré dans ses fonctions de directeur juridique et de greffier.

La mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval a aussi indiqué que la municipalité avait conclu un accord financier avec l'ancien directeur général Gaétan Bussières, qui n'était pas présent à la séance du conseil municipal. « Je ne suis pas en mesure de vous dévoiler les détails de cette entente », a cependant fait savoir Wanita Daniele.

La mairesse s'est présentée devant les citoyens en disant vouloir tourner la page sur les derniers mois. Wanita Daniele a affirmé que la municipalité allait respecter la décision de la Commission des relations du travail (CRT), qui a blâmé sévèrement la Ville pour les congédiements injustifiés de Sylvain Déry et Gaétan Bussières.

« Cette décision permettra à la ville de tourner la page. Est-ce que cette décision était à notre satisfaction? La réponse est non. Est-ce que la ville tire des leçons de cette situation? La réponse est oui », a dit la mairesse.

Wanita Daniele a du même souffle tenu à rassurer les citoyens au sujet du climat de travail qui règne au sein de la municipalité.

« Malgré ce qui peut circuler, je peux vous assurer que la situation est sous contrôle. Le climat de travail est de retour au calme à la ville », a-t-elle dit.

« J'ai honte de vous! »

L'appel au calme lancé par la mairesse n'a cependant pas trouvé écho auprès de nombreux citoyens qui s'étaient déplacés à l'église Sainte-Brigitte, où se tenait la séance du conseil municipal.

Certains d'entre eux ont d'ailleurs réclamé la démission de Wanita Daniele.

C'est le cas de Jean Giroux, qui s'est dit ulcéré que les procédures judiciaires se soient échelonnées sur près de deux ans entre la municipalité et les deux employés congédiés en 2014.

« J'ai honte de vous, et j'ai honte depuis 21 mois [...] On n'est pas tout à fait sur la même longueur d'onde! », a lancé Jean Giroux.

« On en a assez, Mme la mairesse, on en a assez de vous, on en a assez de votre équipe. Il faut que ça se termine à soir [...] Quand allez-vous démissionner Mme la mairesse et vos cinq conseillers? », a poursuivi Jean Giroux, sous un tonnerre d'applaudissements.

« Difficultés évidentes à l'horizon »

Louis-Georges Thomassin, le seul conseiller indépendant de Sainte-Brigitte-de-Laval, estime qu'il sera difficile pour les élus et la population de tourner la page sur toute cette saga.

Il dit avoir lu plus d'une fois la décision de la CRT sur les congédiements des deux cadres. Il déplore que « plusieurs des gestes transpirent la vengeance. »

Le conseiller croit qu'il sera ardu de créer un climat de confiance entre les élus, parmi les employés de la municipalité et auprès des citoyens. « On n'a pas travaillé dans l'intérêt de la Ville. C'est ça la perception que la population a actuellement. »

De son côté, François Marchand, spécialiste en droit municipal, dit avoir rarement vu autant de zizanie dans une municipalité.

Il estime qu'au point de vue administratif et politique, des difficultés évidentes se pointent à l'horizon. « On a conservé ceux qu'on avait engagés pour remplacer le greffier congédié. Comme la municipalité est petite, tous ces gens-là se côtoient quotidiennement, alors les relations ne seront pas faciles même si on met le couvert sur la marmite. »

De plus, ajoute-t-il, la municipalité fait face à un important problème financier. D'abord, elle doit continuer de payer le personnel qu'elle avait engagé pour remplacer les deux cadres qu'elle avait congédiés. Ensuite, elle doit indemniser ces deux cadres de façon rétroactive, puis payer pour les frais d'avocats.

« Et il faut se rappeler que Sainte-Brigitte est une municipalité de 7000 habitants seulement », souligne M. Marchand, qui ajoute que ces coûts devront figurer dans le budget de l'année en cours.

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